Portrait de Hatchand "Charlie" Sobhraj

Personnage RP · Archive Alexandria

Hatchand "Charlie" Sobhraj

Saison 8 — Damnation

Décédé Décès : 09/10/2021 Médecin

Cause : Après avoir passé 13 longues années enfermé dans un bunker militaire , se sentant à nouveau piégé comme un vulgaire rat, Charlie a entrevu zéro espoir et n'a laissé entrevoir zéro espoir, il est resté fidèle à ses convictions. REP.

Identité

Son histoire

Je suis le fruit pourri d'une liaison tout aussi pourrie entre deux êtres que la vie n'aurait jamais dû réunir..

 

 

Né Hatchand Bhaonani Gurmukh Sobhraj , je m'appelle Charles Sobhraj.                                                      Je suis né le 6 Avril 1944 à Saïgon, Viet Nam..

Ma mère Tran Loang Phun,  est Vietnamienne vivant à Saïgon, quant à mon père Sobhraj Hatchand Bhaonani il est Indien travaillant à Saïgon.. un homme "d'affaire".

Je me suis toujours demandé de quel genre d'affaires pouvait s'occuper mon père, très importantes j'imaginais.. assez importantes pour ne jamais être avec nous à la maison ou, que très rarement.

Toute ma vie je me souviendrai de cette déchirure que j'ai ressentie dans le bas du ventre lorsque enfant je regardais mon copain Giang Long jouer avec son père et qu'enfin décidé je couru demandé à ma mère ..où était papa et quand allait il rentrer !!?                                                                                                            "..qu'est ce que tu crois !? il nous a abandonné..on était RIEN pour lui ! ni toi ni moi, on était rien..il est rentré chez lui en Inde..retrouver sa femme, retrouver ses enfants..retrouver sa vraie famille !                                       ..tu comprends Gurmukh ?..il ne reviendra pas !  tu es grand maintenant Gurmukh tu dois comprendre !.."

Toutes les raisons ou excuses que j'avais trouvées à cet homme pour excuser ses longues absences venaient de s’effondrer comme un vulgaire château de cartes, ce que je venais de comprendre ce jour là c'est que l'Homme était mauvais et que plus jamais de ma vie je voudrais ressentir ce mal qui venait de me déchirer le cœur, me déchirer l’âme.

Pourtant je n'ai jamais réussi à le détester, j’espérai même qu'il revienne me chercher un jour..

 

La seconde guerre est arrivée et ma mère s'est remariée avec un soldat français.. Alphonse, il était gentil avec moi mais ma mère et lui m'énervaient..je n'aimais pas les voir tous les deux, alors je préférais allez jouer ou trainer dans les rues avec mes copains, et puis il y avait les filles dans les rues.. haaa les filles de Saïgon, elles étaient belles et surtout elles nous aimaient bien, 'y en a même une qui voulait se marier avec moi quand je serais grand.. j'étais fier devant mes copains, j'aimais ça trainer dans les rues.

De toutes façon, quand j'étais à la maison ma mère m'enfermait dans la chambre quand ils recevaient des invités, elle disait que j'étais trop mal élevé, malpoli.. et qu'elle aurait préféré que j'aille chez mon père, qu'elle en avait marre de laver mes draps plein de pipi tous les jours, elle mentait ! elle ne les lavaient pas tous les jours.

Une fois, je suis rentré à la maison accompagné par des policiers, avec mon copain Giang Long on avait volé un vélo, et on s'était fait prendre.Ma mère à bien essayé de me punir sévèrement mais j'ai réussi à me sauver par une des fenêtres de la maison.., j'avais appris que mon père avait un atelier de couture à Saïgon, j'ai traversé toute la ville pour aller le voir et lui demander qu'il me garde avec lui.., il voulait toujours pas moi, il m'a pris par un bras et m'a ramené chez ma mère.

Je trainais de plus en plus dans les rues, je rentrais rarement à la maison après ça .

 

En 1949 Alphonse reçut l'ordre de rentrer en France, ma mère était si contente de quitter le pays, et moi si malheureux.., mais un problème de taille me sauva de ce départ pour la France .                                            Mon père ne m'ayant pas reconnu à ma naissance, et ma mère si jeune et naïve à ce moment là,                   ont fait que ..je n'existais pas !, pas d'existence légale, pas de papier d'identité...                                            j'étais apatride et de ce fait je ne pouvais donc pas quitter le pays.

Après les supplications de ma mère, mon père n'eut pas d'autres choix que de me garder avec lui,              j'étais si heureux ce jour là.                                                                                                                                  Ce fut de courte durée, mon père s'était remarié avec une autre vietnamienne qui me détestait, elle me harcelait sans cesse, il y en avait que pour ses enfants.., enfants qu'elle avait eu avec mon père; j'aurais presque voulu les tuer, elle et ses enfants.

Quelques années plus tard je suis devenu le chef d'une petite bande voyous, j'avais à peine 10 ans.               On volait de tout, on devait survivre.

En 1953 mon père me reconnu enfin, dans l'unique but de me voir retourner chez ma mère..en France                J'étais furieux de quitter le Viet Nam, mon pays, d'abandonner mes copains, j'en voulais à la terre entière.

En 56 nous quittions la France pour le Sénégal, Alphonse avait reçu l'ordre de rejoindre une caserne à Dakar..   A cause de la guerre Alphonse souffrait du syndrome de stress post-traumatique, il était violent envers ma mère, violent avec les enfants qu'il avait eu avec ma mère, je ne fut pas épargné.

Je m'entendais bien avec mes demi frères et demi sœurs, j'étais le plus grand et j'avais beaucoup d'influence sur eux, on adorait se déguiser, faire du théâtre, et par dessus tout j'adorais imiter Charlot de Chaplin..                C'est pour cette raison qu'en 1959 lors de mon baptême ma mère fit changer mon nom.

Désormais je m’appelais Charles Gurmukh Sobhraj.

On aurait pu croire que tout allait pour le mieux entre ma mère et moi, il n'en était rien..

J'étais en total échec scolaire  "..profondément paresseux, têtu & indiscipliné.." c'est ce que disaient les professeurs, les barreaux qu'avait installé Alphonse à nos fenêtres n'avaient rien changé, et ils pouvaient m'attacher à mon lit autant de fois qu'ils le souhaitaient j'arrivais toujours à m'échapper.                                Avec mon jeune frère André on préférait les cambriolages, les vols a l'école, la rue..toujours la rue.

Suite à l'indépendance des colonies française en Afrique,nous quittions Dakar pour Marseille

A 16 ans je fut envoyé dans un pensionnat, ma mère et Alphonse n'en pouvaient plus , je les rendaient fous, je me suis enfuis au bout de quelques jours.

En 1960 ma mère m'envoya à Paris pour travailler dans un restaurant vietnamien, c'était dur et le salaire inexistant.

Un jour, en fin de service je vis mon père pousser les portes du restaurant, je n'en croyais pas mes yeux,           Sobhraj Hatchand Bhaonani était devenu un homme très très riche, il faisait "un tour du monde" et profita de son passage à Paris pour me rendre visite, plus par curiosité qu'autre chose, mais quand il vit mes conditions de travail et le lieu ou je vivais il me proposa de rentrer à Saïgon avec lui afin de m'apprendre son métier ..tailleur, et pourquoi pas devenir son successeur, je croyais rêver.

Quelle joie pour Alphonse et ma mère de pouvoir enfin m'éloigner de leur vie..un véritable soulagement.

 

Printemps 1961, de retour à Saïgon..

Bien entendu je repris vite mes bonnes habitudes, je retrouvais mon ami Giang Long , les filles , et les rues de Saïgon qui m'avaient tant manquées, sans oublier les parfums de notre délicieuse cuisine vietnamienne, tout était là.

Rien n'avait vraiment changé, la femme de mon père me détestait toujours autant si ce n'est plus, mon père dés le second jour exigeait que je me lève à l'aube et que je travail dur toute la journée afin d'apprendre le métier de tailleur.

Mais à l'aube je n'étais déjà plus là.. 

Au bout de quelques mois et complétement désespéré mon père décida de m'envoyer en Inde chez des cousins, tailleurs eux aussi, il pensait que le fait de m'éloigner de Saïgon et de ses tentations me serait bénéfique.                                                                                                                                                            Ces gens là étaient encore plus pauvre que les gens de mon quartier à Saïgon, bien plus pauvres et bien plus sales.


J'ai vite rejoins le port afin de prendre le premier bateau pour Saïgon, malheureusement, sans passeport et sans un sous en poche, je suis resté bloqué plusieurs jours dans la cale puante d'un bateau de pêche.. mon père refusant de me payer le voyage de retour, j'étais piégé ici en Inde.

Il a fallu que je supplie ma mère pour me faire rapatrier à Marseille, la pauvre à dû vendre un bijoux que lui avait offert Alphonse pour que je puisse enfin quitter l'Inde et rentrer en France.


1962 retour en France

Le voyage fut long et vraiment pénible, arrivé chez ma mère elle m'expliqua que je ne pouvais plus vivre ici, que j'étais adulte que je devais me débrouiller seul maintenant, qu' Alphonse n'allait pas très bien à cause de sa maladie, mais elle tenait a ce que je reste pour le repas du soir et que je pouvais passer la nuit ici , et qu'au petit matin je devrais partir..

On venait à peine de terminer cette discussion qu'Alphonse est arrivé à la maison en hurlant..                         "..Vite ! Vite ! Dépêchez vous ! il faut vite partir ! la France risque d'être bombardée.. on doit vite rejoindre la base d'Aix ! il y a un abri sur cette base et on y est attendu, chérie prépare vite une valise on doit quitter la maison maintenant !.."

J'ai ramassé ma valise pour la jeter dans la voiture d'Alphonse,  et je suis retourné dans la maison pour aider ma mère qui rassemblait leurs affaires, elle ne pensait qu'à mes deux demi sœurs qui étaient à l'école, Alphonse la raisonna en lui disant qu'on ne partirait pas sans elles.

Dix minutes plus tard nous étions en route direction Aix.


Nous avons mis cinquante minutes pour arriver à Aix, il nous restait à peu près un kilomètre à parcourir pour atteindre la base quand Alphonse, livide, me donna un coup de coude dans le bras et me fit signe avec la tête de regarder le ciel.. et me dit en paniquant :
"..Mon dieu ! je sais ce que c'est.., on est tous morts tu m'entends on est tous morts !.."                                        au loin d'énormes nuages noirs se formaient sur un fond rouge avec des tons pourpre par endroits, j'ai bien compris que c'était en rapport avec les bombardements qu'on redoutait, tout en contemplant le ciel je lui hurla d’accélérer .

Une fois passé les multiples postes de gardes de la base, nous arrivions devant l'abri.. un immense rectangle de béton, Alphonse nous expliqua brièvement qu'il s'agissait d'une ancienne station radio de l'armée de l'air convertit depuis peu en abri anti-atomique.
A cet instant j'ai compris pourquoi le ciel devenait rouge.

Après avoir ramassé nos sacs et nos valises nous nous sommes dirigés vers ce qui semblait être l'entrée du bunker, plusieurs dizaines de personnes prenaient la même direction..                                                                   des militaires accompagnés de civils, ainsi que des enfants..des familles certainement, des hommes et femmes en blouses blanches,   des animaux domestiques y étaient aussi acheminés, sans oublier les nombreux véhicules militaires qui transportaient toute sorte de matériel..

Puis quelques coups de feu retentirent dans le périmètre, quelques cris.. et plus rien,                                       j'ai appris un peu plus tard qu'il s'agissait de civils qui avaient tentés de forcer l'entrée de la base afin d'échapper à leur triste sort, les militaires les avaient repoussés.

L’inquiétude se lisait sur tous les visages présents, il n'y eu aucun mouvement de panique. 

C'est en me dirigeant vers cette énorme porte que je m'étais pour la première fois de ma vie trouvé chanceux... moi, le petit vietnamien de Saïgon.. le gamin des rues dont personne ne voulait..voleur, menteur et peut être pire encore..
bien que je ne savais pas de quoi allait être fait l'avenir je me trouvais chanceux d'être là,                                    chanceux d'avoir croisé la route de ce soldat Français qui eut épousé ma mère.. Alphonse.


Passé la porte de l'abri, je me souviens m'être retourné pour regarder le ciel une dernière fois j'étais loin de m'imaginer combien de temps cette porte resterait fermée.

 

Alors que le monde s'éteignait lentement au dessus, la vie en dessous s'organisa rapidement..

Tout le monde avait été réunis afin que des hauts gradés de l'armée accompagnés de médecins et autres personnes importantes fassent le point sur la situation terrifiante à laquelle nous devions faire face,                   et sur ce qui allait être notre avenir proche.                             

On parlait ici de bombardements nucléaire, de grandes villes rayées de la carte du monde, de millions de victimes, de radiations..,        

les termes employés étaient terrifiants eux aussi.. "..fission nucléaire, éléments fissiles, uranium 235 ou encore plutonium 239.." on nous parlais de dix années à vivre.. ou survivre ici bas, peut être plus.
Nous étions abasourdis , anéantis.

Puis un recensement à été effectué pour évaluer les métiers et les connaissances de chacun afin de nous attribuer nos tâches quotidiennes, nos secteurs.. etc..

Moi, j'ai été affecté à l'entretien des sols du secteur médical, qu'est ce qu'on aurait bien pu me faire faire d'autre de toute façon.

Les premières années furent vraiment difficiles, les cycles de jours étaient interminables, la lumière naturelle nous manquait cruellement,
bien que dans mon secteur un scientifique travaillait sur la luminothérapie, il avait mis en place un dispositif de lumière bleue réglé sur des cycles bien précis, je pense que ça nous à été bénéfique, en tout cas il en était convaincu puisque rapport à l'appui c'était dans notre secteur qu'il y avait le moins de cas de dépression ou dépression saisonnière.

[1967 cinq ans que nous vivions enfermés, un premier groupe militaire avec deux scientifiques étaient sortie, le rapport disait que les radiations étaient encore trop importantes pour que nous puissions sortir sans risque, il était toutefois mentionné que même quand les scientifiques donneraient le feu vert, le risque zéro n'existerait pas..]

Puis dans le secteur médicale où je travaillais je me suis rapproché du Docteur Stein, doctorat en toxicologie, un docteur allemand passé du côté allié durant la seconde guerre.

Au fil du temps un véritable lien d'amitié est né il m'a ouvert sa propre bibliothèque personnelle, j'ai découvert les différents types de poisons..
je me suis passionné pour les poisons dit "biologiques" comme le batrachotoxine, curare, toxine botulique, muscarine, ricine, tétrodotoxine etc.. et aussi pour les poisons dit "chimiques" comme l'arsenic, cyanure, phénol, sarin, phosgène etc..

Moi qui à une époque rêvait d'endormir mes victimes pour mieux les détrousser ensuite, j'étais aux anges !


Les cycles de jours je travaillais à l'entretien des sols, ensuite je rejoignais le docteur Stein dans ce qu'il appelait son "Labo",
et les soirs avant de dormir quelques heures je lisais les livres du docteur, j'ai même eu accès a certains de ses rapports, des tests..


Le temps passait beaucoup plus vite, je faisais beaucoup de sport avec mon frère André qui était aussi présent, je ne voyais plus vraiment Alphonse et ma mère, j'étais bien trop occupé à m'instruire en toxicologie.

[1970 le rapport du groupe d’expédition militaire et scientifique disait qu'on pouvait sortir muni de combinaisons légères ou muni de masques.., des groupes de survivants ont été repérés ]

Les années passèrent tant bien que mal, le docteur Stein me faisait étudier, je devais mener à bien quelques petits exercices en médecine générale puis en toxicologie, j'avais atteint un certain niveau.

j'étais même devenu son "presque-assistant", c'est comme ça qu'il m'appelait pour plaisanter,                            je l'aidais de mon mieux..
Puis on est passé aux travaux pratiques.. sur les poules du sergent Rosenfeld dans un premier temps, poules élevées dans l'abri pour la consommation.. pauvres sergent, il les aura comptées et recomptées ses poules sans pour autant comprendre d'où venait le problème.


En 1974 les groupes de militaires et de médecins qui se rendaient à la surface pensaient que nous pouvions sortir pour tenter de survivre à nouveau à l'air libre..
Le groupe d’expédition a trouvé deux individus malades en surface, sur demande du docteur Stein nous avons pu étudier certains aspects de leur maladie.
ce fut très instructif.. j'ai enfin pu voir en condition réelle comment agissait l'arsenic et la ricine sur le corps humain, j'aurais préféré le curare à la ricine mais on a fait avec les moyens du bord, c’était bien plus intéressant que les poules de Rosenfeld.

L'autopsie des deux corps a été passionnante, je remercierai jamais assez le docteur Stein pour tout ce qu'il a pu m'apprendre durant toutes ces années.


Nous sommes en 1975 et je ne supporte plus du tout l'enfermement, le yoga et toutes ces conneries de luminothérapie n'ont plus aucun effet positif sur moi, j'ai de mauvaise chose en tête , des mauvaises pensées, des vertiges aussi, je crois même avoir des hallucinations..
Le docteur Stein à quitté l'abri ce matin, il souhaitait rejoindre certains membres de sa famille dans le nord de la France..
Il me manquera beaucoup, ses connaissances aussi.
 
      

Treize années d'enfermement ont forcément des impactes négatifs sur le corps humain, psychologique, psychique...

je me prépare doucement pour remonter vivre ou survivre en surface.. a en croire le groupe d’expédition, des messages radio sont diffusés, ils pensent que des groupes de survivants se sont formés pour être plus fort dans la survie et dans la reconstruction du pays..je pense surtout qu'il faut rester méfiant.


Je vais aller dire au revoir à mon frère, à ma mère et à Alphonse..
Je suis content de quitter ce nid de rat,


je sors d'ici en tant que "quasi médecin".., mais non tenu par le code de déontologie médicale puisque je n'ai pas prêté serment, mais ça, personne ne le sait,

ce qui m'offre beaucoup plus de perspectives..

 

 

 


 

 

 

 
                         

 

 

 

                                                                        

 

 

 

 

 

                       

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Identité

Spécialité

Médecin

permet la réanimation RP