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Personnage RP · Archive Alexandria
Cause : Suite à l'explosion du gaz à Topollin le 15 janvier, les symptômes ne se sont déclarés que 24h plus tard soit le 16 janvier. Merde... moi qui pensais m'en être bien sorti, j'étais plutôt en forme pourtant. La maladie est apparue alors qu'on ne l'attendait plus. "Je vais vraiment y passer alors que Lucie, Tom et Lola m'attendent en France ? Je suis désolé, je vous aime, mais je ne reviendrai pas à la maison... Et mes camarades... bonne chance, j'ai failli à ma mission. Je m'en excuse."
Identité
Nous sommes le 14 janvier 1984,
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai soudainement eu envie d'écrire. La situation ne laisse pourtant pas de place à cette activité. Écrire dans un blindé, plongé dans une obscurité balayée par une faible lumière de lampe, collé les uns aux autres dans une boîte en acier étouffante, c'est comme semer des graines au milieu du désert en espérant qu'un potager sorte des dunes. C'est complètement absurde, mais quand on a faim on essaye tout ce qui nous passe par la tête sans savoir si l'idée est bonne ou non. C'est pareil avec l'écriture, cela faisait longtemps que je n'avais pas pris le temps d'écrire et pourtant j'adore ça. Le fait d'être dans un environnement comme celui-ci ne m'a pas empêché de prendre un stylo et mon journal pendant que d'autres ferment les yeux en attendant notre arrivée prochaine. Je devrai faire de même pourtant...
Quoi qu'il en soit, j'ai pensé bon de faire un point rapide sur mon existence.
Je me nomme Alain Aubry, j'ai 39 ans et je suis lieutenant au sein du 6e Régiment du Génie français et chef de terrain dans l'opération dont l'équipage du VAB fait partie. Né le 4 juillet 1945 à Angers en Maine-Et-Loire (49), j'y ai grandi au sein d'une famille extraordinaire composée d'un père médecin et vétéran d'Indochine, d'une mère douce et aimante femme au foyer, et de deux frères plus et moins âgés que moi dont l'aîné est chirurgien et le cadet est avocat. Vous voyez l'erreur ? C'est moi. Je ne suis ni l'aîné responsable et autoritaire ni le cadet choyé par sa maman, j'ai toujours eu l'impression d'avoir un rôle secondaire dans la famille et d'être à la ramasse comparé à mes frères. Un chirurgien et un avocat ? Qu'est-ce-qu'un militaire a à faire au milieu de tout ça. Évidemment, ma famille n'a jamais rien pensé de tel et ce n'est pas un reproche que je leur fais, non, c'est à moi que je reproche cette situation. Je ne regrette pas mes choix au contraire, j'adore mon métier et je pense qu'il est parmi les plus honorables. Je suis juste navré de n'être pas devenu une personne aussi prestigieuse que mon père ou mes frères. Je ne cite pas ma mère car je considère qu'elle est au-delà de tout ça, et qu'elle est la plus impressionnante car elle a réussi à élever trois bambins comme nous et ça, c'est une chose que seule elle était capable de faire.
À la fin de mon lycée, après avoir obtenu mon Bac avec de justesse la mention "assez bien", je ne savais toujours pas quoi faire de ma vie et je voyais que cela inquiétait mes parents plus que moi. Je me suis alors inscrit en Fac de Droit sans m'attendre à quoi que ce soit et j'ai bien fait car je n'arrivais pas à suivre le mouvement. J'ai tout arrêté au bout d'un mois.
À 20 ans, j'ai effectué comme la majorité des jeunes mon service national obligatoire au sein du 3e Régiment d'Infanterie de Marine au Mans, c'était en 1965. C'est là-bas que je me suis attaché à l'armée et où j'ai trouvé ma place au sein de l'institution. Être militaire signifiait pour moi servir à quelque chose de bon, servir mon pays, ma nation, ses citoyens et peut-être obtenir une place assez prestigieuse chez les officiers au cours de ma carrière rendant mes parents fiers. Après avoir fini mon service de 16 mois en 1966, je me lançais à l'école de sous-officiers d'active de Saint-Maixent et terminai ma formation pour commencer en tant que sergent. C'était une libération, pouvoir partir en territoire étranger combattre pour une noble cause qu'est la protection des intérêts français, c'était l'aventure que j'attendais tant, comme si j'étais né pour ça, pour sentir mon coeur s'accélérer et l'adrénaline monter sous le feu de l'action.
En 1971, je rencontrai celle qui allait changer ma vie, Lucie, une danseuse classique de l'Opéra de Paris. J'en suis tombé éperdument amoureux au premier regard lorsque je mangeais dans un restaurant de la capitale avec des amis. Nous nous sommes vu plusieurs fois et sommes sortis ensemble avant de nous marier en octobre 1974 avant son accouchement en décembre. Eh oui, j'ai eu un fils cette année-là, on l'a nommé Tom et c'est peut-être cliché de dire ça en tant que parents mais c'était le plus beau de la maternité. Il collectionnera les filles plus tard c'est sûr !
De février à août 1978, environ 12 ans plus tard, j'ai participé à l'opération extérieure "Tacaud" au Tchad en soutenant l'armée régulière tchadienne face à la menace des rebelles du FROLINAT. Cette période m'a changé... J'y ai perdu 2 de mes hommes dans un attentat perpétré par les rebelles à N'Djamena, la capitale. J'étais adjudant à ce moment-là. Depuis ce jour, j'ai compris que mon rôle ne pouvait être pris à la légère et j'ai réalisé à quel point mes choix pouvaient influencer la vie et la mort. De retour en France, j'ai eu besoin de rester un moment seul pour réfléchir, pour me questionner, et j'ai profité de ma famille avant d'y retourner de janvier à mai 1980 jusqu'à la fin de l'opération. À mon retour, j'ai appris que ma femme était enceinte à nouveau, j'allais être papa une deuxième fois. C'est en fin d'année 1980 que ma petite fille Lola est née. Elle ressemble aujourd'hui énormément à sa mère et elle est magnifique.
En 1983, j'ai passé mon concours d'officier en interne et j'en suis ressorti lieutenant. Il y a peu, j'ai été muté au 6e Régiment du Génie à Angers me rapprochant de mon foyer et j'y ai rencontré la majorité de mes subordonnés présents dans le VAB aujourd'hui. Nous avons reçu il y a 7 jours l'ordre de participer à une mission sous mandat de l'ONU en Autriche, pays effondré suite à la propagation de la maladie biologique. Il faut dire que ça craint énormément en ce moment, on parle d'effondrement du monde et d'ingérence politique un peu partout et l'ONU peine à garder sa notoriété. Les pays frontaliers à l'Autriche sont dans un état aussi critique et ont fermé leurs frontières. Les tensions entre les Etats-Unis et l'URSS ne viennent pas arranger les choses, ils refusent de collaborer face à la crise... De plus, on nous a bien fait comprendre, surtout à moi, que l'échec n'était pas permis durant les mois à venir et que l'existence humaine en dépendait.
J'espère revenir indemne vers ma famille et mes proches mais j'espère avant tout ne perdre aucun de mes camarades durant cette opération. Je lève les yeux pour les observer, imprégner leur visage dans ma tête pour que jamais je n'oublie qu'ils ont sans doute eux aussi quelqu'un qui les attend à la maison.
C'est étrange, j'ai soudain un mauvais pressentiment...
*EXPLOSION*
Identité
Parcours collectif