Personnage RP · Archive Alexandria
Angel Vargas (PNJ)
Cause : Putain Keri, même là j'ai pas pu t'enclencher. Reposez en paix mes frères, vive Tchernobog, vive les Renégats.
Identité
Son histoire
Je suis né dans le quartier de Iztapalapa à Mexico, c'est un endroit surpeuplé où les ressources se font rares. Chaque jour, mes parents vont s'épuiser au travail. On est pauvre, très pauvre, comme tout le monde ici, mais ce n'est pas grave quand on a pas connu la richesse, elle ne peut pas nous manquer. Je ne suis encore qu'un enfant, tout ce que je peux faire pour aider mes parents c'est cirer des pompes. Mes parents tiennent un petit resto dans le quartier de la Rosario, pas un très grand succès mais des habitués viennent assez souvent. On n'était pas malheureux, loin de là. Deux ans après, ma sœur Marta est née.
J'ai maintenant dix ans, la journée je vais à l'école et le soir je gagne de l'argent comme je peux. L'avantage d'habiter dans la Rosario c'est qu'on est protégé par la Familia, un groupe d'homme et femme qui surveille les rues au cas où les gang du coin voudrais se ramené. Le "père" de la Familia est un client fidèle du resto de mes parents. Son nom est Hector Salazar, c'est un homme fort et juste. Il me raconte souvent ces histoires, je viens souvent l'écouter quand il vient manger. Quand il était adolescent, ses parents sont morts le laissant lui et son frère orphelins. Au lieu d'intégrer un centre d'adoption, Hector a vécu dans la rue. Il a rencontré une bande de fugueurs qui s'étaient barré de chez eux pour diverses bonnes raisons. Ils étaient cinq et c'est ensemble qu'ils ont créé la Familia, grâce à sa force et son charisme, Hector a réussi faire plier le gang qui sévissait dans le quartier. Sa réputation n'est pas usurpée, je l'ai vu se battre, un jour quand je revenais de l'école, une dizaine de gars se sont ramenés dans notre rue. C'est apparemment des membres d'un gang du quartier voisin. A ce moment-là, Hector mange dans notre restaurant. Il s'est levé et il est parti les confronter de face. Dix gars armé de couteau mais il n'a pas bronché. Derrière Hector, plusieurs gars sont arrivés pour le soutenir. En quelque seconde la rue s'est transformée en champ de bataille. Hector enfonce son poing dans la personne qui est juste en face de lui. Ça sonne le début de l'affrontement. En quelques minutes tous les assaillants sont par terre. C'est impressionnant. Je suis resté sans voix face à ce spectacle. Et ça c'est récurrent pour la Familia qui protège toute la Rosario chaque jour. Depuis ce jour, je vais de plus en plus voir Hector et sa "famille", au départ il prenait avec lui seulement les orphelin et fugueur qui n'avait malheureusement nul part où aller mais maintenant il s'accompagne de toutes les personnes qui partagent ses idées. C'est une grande famille. Je veux en faire partie aussi, c'est mon rêve mais malheureusement Hector m'a bien fait comprendre que j'étais trop jeune pour pouvoir leur être utile. Malgré ça, je squatte souvent chez eux.
J'ai maintenant dix huit ans, toute ma vie j'ai suivi la même routine. Je vais en cours et quand je sors, je vais travailler dans le resto de mes parents pour aider. Hector vient presque tous les jours, dès qu'il est là, c'est l'occasion pour moi d'écouter ces histoires. Les années passent mais rien ne change. Mais un jour l'équilibre du quartier a été brisé à jamais. Un jour, un gang du quartier voisin est arrivé dans notre rue, les burning dogs du quartier Olivo. Ça faisait plusieurs fois qu'ils s'aventurent sur notre territoire, mais cette fois c'est une véritable armée qui a passé nos frontières. Ils en veulent à la Familia, ce n'est qu'une guerre. Cependant, c'est la première fois que je vois ça, les membres de la Familia se font mettre KO un par un. Je passe au milieu de la guerre en courant chercher Hector, il est encore en train de manger dans le resto de mes parents. Quand j'ouvre les portes, le boss de la Familia est là avec ses plus proches amis. Les cinq premiers membres du groupe. Je les informes de ce qu'il se passe dehors, d'un coup derrière moi un gars des burning dogs entre dans le restaurant. Je me retourne en vitesse et je tente de mettre un coup de pied dans le torse de l'agresseur mais il esquive. Je suis déséquilibré alors que mon ennemi est sur le point d'abattre sa batte de baseball sur ma tête, soudain un poing passe à côté de moi pour s'encastrer dans le visage de mon assaillant. Il est projeté à travers la porte, elle n'était pas très solide mais ça reste impressionnant. L'homme qui m'a défendu met sa main sur mon épaule pour me rassurer, c'est Hector. Il sort doucement du restaurant suivie par toute son équipe. Je les suis dans l'optique de les aider mais très franchement j'ai peur. D'un autre côté, la situation me donne une adrénaline sensationnelle. Hector se retourne vers moi.
"Tu diras à tes parents que je suis désolé pour la porte, je la réparerai. Angel, je sais que tu veux nous aider alors je vais te donner un ordre. Protège le restaurant, j'ai pas encore fini mon plat. Dès que j'en ai fini, je viens terminé."
Je suis impressionné, même dans cette situation il arrive à faire des blagues. Face à lui, il y a une dizaine de gars. C'est du cinq contre dix. Un membre des burning dogs fonce sur Hector mais un de ses ami vient le défendre avec un coup de poing dans la mâchoire. Il s'appelle Jesus, il est très grand et imposant, son poing a mis KO l'homme qui attaque. Ainsi la mêlée commence, Hector et ses camarades terrassent tous ceux qui se sont jetés sur eux. Ensemble, Hector et les membres de la Familia ont avancé dans les rues de la Rosario en battant tous les burning dogs sur leurs routes. En moins d'une heure tout est redevenu calme, Hector est revenu finir son plat comme promis, mais soudain, un homme qu'il avait mis K.O plus tôt se relève avec un flingue à la main. Il y a un coup de feu. Une balle perfore la jambe d'Hector. Aussitôt je me cache, le tireur s'avance vers Hector qui est à terre. Je le reconnais, c'est le leader des burning dogs, José Rojas. Les amis d'Hector n'osent pas avancer par peur de se faire tirer dessus. Je suis le seul qui peut agir. J'attrape un couteau de cuisine qui traîne pas loin de moi. A ce moment-là, ce n'est pas moi qui contrôle mon corps mais l'adrénaline. C'est à moi de les protéger. L'homme entre dans le restaurant. Aussitôt je jette une assiette sur lui et je lui cour dessus en brandissant mon couteau. Je vise instinctivement la tête tout en me retenant pour ne pas le tuer mais il esquive, mon mouvement est trop lent. Malgré tout, la surprise lui fait lâcher son arme. Je me retrouve face à lui avec mon couteau. Je tente d'entailler son bras droit mais il esquive, j'en profite pour lui caler un coup de pied dans la rotule qui lui fait perdre l'équilibre. Il est focalisé sur mon couteau alors j'attaque avec mon bras gauche, j'ai moins de force avec donc mon coup n'a pas grand effet. Ça a au moins eu l'effet de le rendre confus, il est en position de faiblesse. C'est le moment, d'attaquer avec mon couteau, je vise son épaule mais il me frappe dans le poignet ce qui fait tomber ma lame par terre, je recule d'un pas. C'est pas le leader des burning dogs pour rien. Je tente le tout pour le tout, je lui fonce dessus pour l'envoyer dehors. Maintenant qu'il a plus son arme, c'est plus tranquille, pendant que les autres sont en train de soigner Hector, Jésus sors pour m'aider. Il attaque José avec un coup de poing au visage mais celui-ci esquive et tend sa jambe pour le faire chuter. Jésus est par terre mais je profite de tout ça pour attaquer. J'attrape sa tête et je lui met un coup de genou. Pendant qu'il est un peu assommé, je l'attrape à la taille pour le mettre au sol mais il arrive à me repousser. Je suis projeté à environ deux mètres de lui, le temps que je reprenne mes esprits il est déjà en train de me charger. L'adrénaline me donne la force de me battre, je ne suis pas faible, j'ai fait de la boxe et Hector m'a appris à me battre dans la rue, je peux le faire. Je me mets en garde mais il me met un coup de pied dans le ventre. Je suis à terre mais il ne me lâche pas, il continue à avancer vers moi quand soudain, il reçoit un coup de bâton sur la tête. C'est ma mère qui était sortie avec le balais pour m'aider. Je reste figé. Il commence à avancer doucement vers elle. Il lève son poing. Je deviens fou, je me relève et je lui met un coup de pied dans le torse. Je ne m'arrête pas, je lui court dessus et je lui met un coup de poing dans la mâchoire avec tout l'élan que je peux prendre. Il est complètement sonné. Je le fais tomber par terre, mais là, il attrape une pierre au sol et il me frappe la tête avec. A ce moment-là, je ne voyais plus rien, tout ce dont je me souviens c'est une détonation. Lorsque je reprends mes esprits, Hector est avec moi dans le restaurant, dehors j'entends des sirènes. Un policier entre dans le restaurant et remarque que je suis réveillée.
"Il est réveillé ? Dépêchez vous de lui parler et on vous embarquera."
Je ne comprends pas pourquoi il veut embarquer Hector. C'est pas nous qui avons foutu la merde. Hector se tourne vers moi.
"Angel, écoute moi bien, aujourd'hui la Familia va se dissoudre. Je serai en prison pendant un long moment alors personne ne sera là pour la Rosario. Alors je veux que tu le protège, tu as hérité de ma force et mes convictions. Personne d'autre que toi n'est mieux placé. Garde toujours en tête nos valeurs, quand tu seras au plus bas, rappelle toi que tu es mon successeur et que je te soutiens là où je serai."
Il est parti, escorté par une bande de flics. J'ai appris après que pendant que j'étais inconscient, Hector a utilisé l'arme de José pour l'abattre alors qu'il était en train de me tabasser. Il a donc été arrêté pour meurtre. Je suis resté seul pendant un moment.
Deux mois plus tard, je fais toujours des tours à l'hôpital pour être sûr que mon cerveau n'a pas de séquelles. Je suis toujours déprimée mais la vie n'est pas finie, je veux aller de l'avant. Ce n'est pas l'envie qui me manque mais une motivation. Un jour que je revenais de l'hôpital, je surprends une bande de connards en train de faire chier une jeune fille. Je me sens obligé d'intervenir, forcément ça ne leurs à pas fais plaisir que je leurs disent de dégager. Ils m'ont attaqué à trois, c'est qu'une bande de looser. Comparé à un chef de gang, ils ne valent rien. C'est à peine si ils sont capables de mettre un coup de poing. Je règle ça en même pas une minute et je vais rassurée la fille. C'est une brune, à peu près mon âge je pense, ses habits semblent être de bonne qualité mais ils sont tachés ou déchirés. Elle est belle. En allant lui parler, je me rend compte qu'elle est très faible, elle n'a sûrement pas mangé depuis un moment son ventre gargouille énormément et elle a les lèvres sèches. Je la ramène donc au resto de mes parents et on lui sert à manger. Une fois rassurée, elle nous raconte ce qui lui est arrivé. Elle s'appelle Luna, elle a fugué de chez elle depuis deux jours parce que ses parents ont arrangé un mariage avec une autre famille. Rosa n'est pas d'accord, elle a tenté de refuser mais ses parents s'en branle de ce qu'elle peut penser. C'est une famille riche, Luna nous a expliqué que ses parents n'ont jamais été présents pour elle, au contraire quand elle était contre l'avis de ses parents elle se faisait battre. Elle a donc décidé de fuir son mariage et sa famille. Après avoir entendu ça , je ne peux pas la laisser seule dehors. De plus, elle vient d'une famille riche, elle n'est pas à l'aise dans la rue et ne connaît pas les bases à respecter pour ne pas avoir de problème. On a donc accepté de l'héberger en attendant qu'elle soit capable de vivre d'elle-même. On l'a d'abord fait travailler au restaurant pour l'habituer à bosser, elle n'est pas très douée mais elle essaye vraiment de faire de son mieux et c'est tout ce qui compte pour nous.
Les mois passent, je viens de prendre dix-neuf ans, Luna habite toujours chez moi, on s'est beaucoup rapprocher depuis le temps. Après avoir entendu son histoire, j'ai arrêté de me morfondre et je me suis mis à aller de l'avant. Avec l'aide de Jésus et des anciens boss de la Familia, j'ai réussi à réunir tout le quartier de la Rosario sous un nouveau groupe, Las Bhavanas. Comme l'a fait Hector avant moi, je protège la Rosario à la tête des Bhavanas, heureusement que les amis d'Hector me soutiennent. Jésus, Maria, Rodrigo et Elena sont à mes côtés pour me conseiller. Tout se passe bien actuellement, jusqu'au jour où les démons de Rosa sont venus frapper à ma porte.
Alors que j'accompagne Luna faire les boutiques, je me rends compte qu'on est suivi. Je compte trois hommes à pied et une belle voiture noir qui nous suivent depuis qu'on a quitté le resto. Je ne dis rien à Luna pour ne pas l'inquiéter. C'est sûrement un gang d'un quartier voisin qui m'espionne. La journée se passe bien mais nous sommes bel et bien suivis, les mêmes gars sont toujours là près de nous. Tant qu'ils ne font rien je les laisse regarder, je n'ai pas envie de gâcher la journée. Malheureusement, pendant qu'on est en train de rentrer en passant par une petite ruelle, on se fait encercler. Les gars à pied nous bloquent la route derrière et juste devant nous, la voiture se gare. Un homme sort de la caisse, il est très bien habillé et il est accompagné de plusieurs garde du corps. Rosa attrape un bout de ma veste.
"C'est mon fiancé."
Hein ? C'est son fiancé ? Qu'est ce qu'il fout là ? Luna n'a pas l'air bien, je reste devant elle pour la protéger. Son fiancé s'avance vers elle.
"Je t'ai enfin trouvé, traîné t'as intérêt à revenir chez toi."
Luna tremble. Moi je suis en train de me demander si je lui en colle une ou si c'est une mauvaise idée. D'un coup, il lève sa main et s'apprête à la gifler. C'est décidé, je lui met une avoine. Mon poing arrive dans sa mâchoire avant qu'il n'ait pu frapper Luna. Les gardes du corps s'activent comme des pantins, ils essaient de m'attraper mais je les mets au sol un par un à l'aide d'un tuyaux cassé qui traîne par terre. On retourne chez nous, Luna est toujours apeurée parce qu'elle s'est fait retrouver. Je reste avec elle pour la rassurer mais au fond de moi j'ai quelques inquiétudes, j'ai frappé le fils d'une famille super riche, peut être que les répercussions vont poser problème. Et je ne me trompe pas, des policiers rentrent dans le restaurant et cherche à nous retrouver moi et Luna. Je l'attrape par la main et je la tire vers la porte de derrière pour qu'on s'enfuit. Jésus accepte de nous installer dans son garage en attendant qu'on trouve une solution pour qu'on nous laisse tranquille. Luna est complètement apeurée, je fais de mon mieux pour la rassurer, je lui dis que tout va bien se passer, seulement je n'ai aucune idée de comment nous sortir de cette situation. Si seulement on pouvait prouver le mauvais traitement de Luna chez elle, alors on pourrait retourner la situation. A ce moment-là, elle me dit que dans sa chambre, chez elle, elle a caché les dossiers médicaux des fois où elle s'est fait battre dans un coffre-fort. Je décide donc de m'infiltrer et de récupérer le dossier. Luna me donne les codes de son coffre ainsi que la clé pour ouvrir la porte. A la nuit tombée, je suis discrètement rentrée dans sa maison. Elle m'avait indiqué la direction de sa chambre au préalable donc ça n'a pas été trop difficile de récupérer les documents. Je ressors tranquillement et je m'arrête dans une ruelle à côté pour lire ce que j'ai trouvé. Effectivement, plusieurs dossiers liés à des blessures que ses parents ont dû lui faire. Je suis fou de rage mais je reste concentré, il ne faut pas que je craque. C'est le dernier document qui m'a le plus intrigué.
20 avril 1996
Elle avait dix-sept ans à cette époque. Je l'ai rencontré peu de temps après. Ce que j'ai lu après m'a glacé le sang. Un test de grossesse a été réalisé en même temps que de nombreux soins médicaux. Ça y est je craque. Je retourne au garage. Elle est là encore réveillée. Je pose le document en question devant elle et j'attends sa réaction. Elle fond en larmes, je comprends donc que mes craintes sont fondées. Je reste calme devant elle mais au fond de moi je suis en train de bouillir. Je reste avec elle jusqu'à la fin de la nuit pour la rassurer. Quand le jour se lève, je réunis tous les membres des Bhavanas. Tous masqués, on s'est dirigé vers la maison du fiancé de Luna. On l'a saccagée. Les gardes du corps tentent de nous arrêter mais on est tous enragé. Luna fait partie de notre famille, quiconque lui fait du mal va subir notre haine. Je fini par rentrer dans le bureau du fiancé, une entrée fracassante on peut le dire. Il est là devant moi. Il essaye de négocier avec moi. Il me propose de l'argent. Aucun prix ne pourra laver l'honneur de Luna. J'attrape une chaise et je la casse sur son dos. Je suis fou de rage, je suis peut être aveuglé par mes sentiments pour Luna mais quoi qu'il arrive ce mec est une ordure, c'est simplement la justice. Au final, quand les flics arrivent, on se disperse tous et on retourne à notre vie normale. Je vais voir Luna pour lui dire que je me suis occupé de tout. Grâce aux preuves de violences, Luna et moi sommes libres de tout soupçon. Les plaintes pour violences sont abandonnées. Le jour de mes vingt ans, j'avoue à Luna que je l'aime. C'est réciproque. Je ne suis pas du genre fleurs bleu mais j'avoue qu'aimer et être aimé c'est des sensations sans pareil. C'est ainsi que se termine ma jeunesse. J'ai fondé les Bhavanas, j'ai trouvé l'amour, même si ça a pas été une grande réussite j'ai fini mes études, l'avenir s'offre à moi.
Nous sommes le 7 avril 2003, j'ai tout juste vingt-cinq ans. Ma vie est une routine, j'ai repris le restaurant dont je m'occupe avec ma fiancée Luna. Mes parents sont à la retraite. J'ai demandé Luna en mariage il y a quelques mois mais ce n'est pas pour tout de suite. La raison pour laquelle on attend et qu'un heureux événement se fait attendre. Dans le ventre de Luna, notre enfant prend forme. On vient tout juste de l'apprendre, ça ne fait qu'un mois qu'elle est tombée enceinte. A côté de ma vie sentimentale, les affaires marchent bien. Las Bhavanas est craint dans tout Mexico, de nombreux autres quartiers que la Rosario nous demande protection et nous paye pour cela. A vrai dire, on brasse tellement de fric que je n'ai même pas besoin de bosser. Luna non plus d'ailleurs mais premièrement ça me ferait chier que ce restaurant disparaissent et deuxièmement, on souhaite que notre enfant grandisse dans un milieu normal qui ne ressemble pas à une vie de gangster. De temps en temps, il m'arrive de régler des histoires quand d'autre gang viennent foutre la merde mais sinon je laisse mes gars géré tout ça. On fait partie des "gangs" les plus imposants du Mexique avec les Guerreros Unidos. Les G.U sont de véritables ordures, je veux éviter tout contact avec eux. Après tout, les Bhavanas n'ont pas pour but de rouler sur le milieu du grand banditisme, on cherche juste à protéger notre quartier trop pauvre pour bénéficier de la protection des autorités. Depuis le temps, je suis devenu assez connu. Le nom d'Angel Vargas est craint des autres gangs. Faut dire que j'ai pas chômé, je me suis remis à la boxe, il faut que je reste en forme. Si jamais le chef faiblit, c'est tout le groupe qui en souffre. A côté de la boxe, je m'entraîne souvent avec Jésus. Musculation et sport de combat. Il m'apprend tout ce qu'il sait. Dans quelque mois mon enfant va naître, Luna est de plus en plus fatiguée, je me permets de fermer le resto pour avoir le temps de m'occuper d'elle.
Aujourd'hui, c'est peut-être le jour le plus important de ma vie. Ma fiancée est dans un hôpital, notre enfant est sur le point de naître. Je suis arrivé dans la chambre avec un bouquet de roses violettes, ses préférés. Je lui tien la main du début jusqu'à la fin. J'ai vécu plein de choses dans ma vie mais c'est sûrement une des meilleures expériences de ma vie. Ma fille est née. Ma vie entière est repassée dans ma tête. Je suis si fier de moi et je suis encore plus fier de ma fiancée. Le médecin s'est avancé vers moi et m'a demandé de nommer ma fille. Je réfléchis. Elle vient tout juste de naître mais elle est déjà là chose que j'ai de plus cher, je la protégerai coûte que coûte. A ce moment là c'est le déclic.
"Rosa, nous allons l'appeler Rosa."
Je regarde Rosa, elle est si petite. Je prends Luna et ma fille doucement dans mes bras. Six mois plus tard, nous nous sommes mariés. J'ai passé la bague au doigt de Luna. Ma jeune fille est là aussi, installée dans sa poussette avec sa grand-mère. Ces jours heureux resteront à jamais dans ma mémoire. Voir ma fille grandir, au côté de ma femme. A l'aube d'une catastrophe mondiale, je profite de mon bonheur avant que ma vie bascule à jamais.
11 juin 2008, ma fille a cinq ans à présent. Moi j'entre dans la trentaine, ça me fait un coup de vieux. Las Bhavanas se porte à merveille, plus personne n'ose venir nous emmerder. Du moins c'est ce qu'on pensait. Alors que je traîne avec Jésus, une voiture s'arrête près de nous et la fenêtre s'ouvre. Soudain, je vois un pistolet sortir et un coup de feu part. Jésus prend une balle. Aussitôt, j'attrape Jésus et je le traîne derrière un obstacle pour nous protéger. Je passe un œil pour vérifier si la voiture est toujours là mais je ne la vois plus. J'appelle tout de suite une ambulance. Jésus a du mal à respirer, la balle a transpercé son torse. Il est emmené d'urgence à l'hôpital, Luna vient me rejoindre pendant que je suis dans la salle d'attente. Un médecin vient nous voir pour nous informer de l'état de notre ami. Il est en vie mais son état est critique, la balle a perforé son poumons. On rentre à la maison. Je suis fou de rage. Collé sur la porte de mon resto il y a une lettre.
"Tu as eu un aperçu de ce qui t'attend, rend toi à notre QG si tu ne veux pas que l'on descende le reste de tes hommes. Eduardo Guzman - Guerreros Unidos "
J'ai directement contacté l'entièreté des Las Bhavanas, ce soir on va venger Jésus. Dès la nuit tombée, on débarque à son QG dans la périphérie de Mexico. C'est une espèce d'entrepôt gardé par plein de gars pas tous armés. C'est une chance, les armes nous font défaut aussi. Après avoir observé les lieux, je décide de rentrer seul dans le bâtiment pendant que mes hommes font diversion dehors. C'est l'heure, mes hommes foncent sur les gars posté dehors. Pendant que c'est le bordel je rentre par une fenêtre. A l'intérieur c'est gigantesque. Il y a de nombreuses pièces comme dans une maison mais tout est rempli d'armes ou de billets. Dans la pièce où je suis, il n'y a personne mais j'entends des pas derrière la porte. Je me cache derrière un tas de billets, la porte s'ouvre, j'entends deux mecs rentrer dans ma pièce. Quand ils arrivent à ma hauteur, je sors de ma cachette et je mets KO le premier d'un revers du poing. Je remarque que l'autre est armé d'un flingue alors j'envoie le premier inconscient sur lui pour le déstabiliser avant de lui sauter dessus. Je lui met un énorme coup dans la mâchoire qui le fait tomber. Je ramasse son pistolet et je sors mon couteau. Au vu de la situation de la bataille dehors, je me dis qu'il faut que je presse le pas et que j'en finisse vite à l'intérieur. Je commence à courir en fouillant toutes les pièces, la discrétion n'est plus une priorité, il faut que je sois efficace. Dès que je croise quelqu'un, je le mets hors d'état de nuire en prenant soin de ne pas le tuer. A force de courir et de cogner tout le monde je fini par arriver devant Eduardo Guzman, le leader des G.U. La première chose qu'il fait en me voyant c'est de me tirer dessus avec un flingue mais je me cache avant de me faire troué. Dans la pièce, il y a trois personnes, Guzman et deux de ses gars. Très vite je passe ma tête pour observer ce qui m'entoure. Je tire dans la jambe du sbire a ma droite qui s'effondre aussitôt. Pendant ce temps le deuxième gars a ma gauche me fonce dessus mais j'arrive à le balayer et à le mettre KO au sol. Il ne reste que moi et Guzman dans l'entrepôt, dehors la mêlée est à son paroxysme. Avec mon flingue, je tire sur la lumière au-dessus de lui pour le distraire et pendant ce court moment d'inattention, je l'attaque avec mon couteau. Je vise sa main pour qu'il lâche son pistolet. Une fois que son arme est par terre, je continue mon assaut avec plusieurs coups en visant la tête. Il est doué, je n'arrive pas à l'atteindre. Il arrive à me faire perdre l'équilibre et il en profite pour me donner un coup de pied dans le ventre, mon couteau tombe par terre. Cette fois c'est d'égal à égal, à main nu. Il attaque le premier mais je bloque son coup, je riposte avec un crochet du droit qu'il esquive aussi. Je fais deux pas en arrière pour prendre mes distances puis j'attrape une chaise pour lui lancer dessus. Il repousse facilement le meuble mais il n'a pas vu que j'en ai profité pour me rapprocher. Je l'attrape directement à la gorge et je le plaque contre un mur. Il commence à me frapper dans les bras pour se dégager et je fini par lâcher. Il me met un coup dans le bide pour me faire reculer. Je suis un peu sonné mais je me reprend vite. Il fonce sur moi, il tente de me mettre un coup de poing dans le visage mais j'esquive et c'est moi qui lui en met une. Il tombe à quelques mètres et peine à se relever, sans attendre, alors qu'il est à peine debout, j'attrape sa tête et je lui met un coup de genoux. Malgré ça, il arrive à me mettre un coup de coude dans la tempe. A cause de l'adrénaline, j'ai du mal à réfléchir. Je pense que je perds le contrôle de plus en plus. Je l'attrape violemment par le col mais il se débat. Je le frappe à la mâchoire puis je lui met un coup de genoux dans l'estomac. Maintenant qu'il est sonné, je le tire vers la porte de l'entrepôt et avec toute ma force, je le jette à travers. La porte cède, Eduardo se retrouve dehors dans la boue devant tous les hommes qui se battent dehors. Je sors à mon tour et je pose mon pied sur sa tête. J'attrape le flingue que j'ai planqué dans mon pantalon et je lui pointe sur le crâne. Guzman ordonne à ses hommes d'arrêter de se battre. Il tremble.
" Tu sais Guzman, tu peux être rassuré je ne vais pas te tuer. Si je suis venue aujourd'hui c'est pour te faire comprendre qu'il faut mieux choisir tes ennemis. Ne traîne plus jamais dans mes pattes et je te laisse la vie sauve. Tu vois on est pas méchant. "
Guzman a l'air rassuré.
" Par contre, on n'est pas des enfants de chœur non plus. "
Je tire une balle dans sa main droite, ainsi il gardera à jamais le souvenir des Bhavanas. Il hurle de douleur mais continue d'ordonner à ses hommes de ne pas bouger. Nous on s'est barré. On est tous retournés chez nous rejoindre nos femmes. Quand je rentre, Luna est encore réveillée. Elle est inquiète. Je me pose dans le lit avec elle, je lui raconte brièvement ce qui s'est passé puis on s'endort. Le lendemain, nous sommes passés rendre visite à Jésus qui n'est toujours pas réveillée. J'ai changé les fleurs qui ont fané et je lui ai raconté notre dernier exploit. Il est toujours entre la vie et la mort. On rentre à la maison attristé par la situation de nôtre ami. On reste sur le canapé sans bouger, pendant que Rosa joue joyeusement à côté. On part se coucher…. J'entends des bruits, je me réveille doucement, Luna n'est pas à côté de moi. Soudain un fracas, je me réveille en sursaut alors que j'entends ma fille pleurer. En entrant dans le salon, mon cœur c'est comme arrêter de battre. Luna et Rosa ont un flingue braqué sur eux. Je lève les yeux tout en attrapant un couteau sur le meuble. Je reconnais cette main grossièrement soignée avec un bandage. C'est Guzman. Je suis hors de moi je commence à me ruer sur lui mais je reçois un coup sur l'arrière du crâne. Lorsque je reprend conscience quelques secondes plus tard, deux gars me tiennent fermement face à ma femme et ma fille. J'essaye de me débattre mais c'est impossible pour moi de bouger. Eduardo Guzman me regarde. Je vois qu'il me parle, mais je n'entends rien, je suis comme une bête que l'on capture. J'ai une rage intense en moi. Mais tout ça s'arrête lorsque je vois un coup de feu partir, puis un deuxième. Quelque chose s'est arrêté en moi. Ma femme s'effondre avec Rosa dans ses bras. Les deux gars qui me tiennent relâchent un peu leurs prise, sûrement choqué que leurs leader ai abattus une enfant et sa mère de sang froid. Je les mets par terre, j'attrape un couteau et je ne me contrôle plus. Quelques secondes plus tard, je suis seul entouré de corps déchirés et je tiens ma famille dans mes bras. J'entends les sirènes de la police arriver chez moi, sûrement alertées par les coups de feu. Je me fais embarquer pour meurtre. Je n'ai même pas protesté. J'ai dit avec fierté que je les avais abattu comme ils ont abattu ce que j'avais de plus cher. Pendant les semaines où j'attends mon audience, j'apprends que Jésus a aussi succombé à ses blessures. C'est ainsi que je suis amenée en prison. Je ne suis sûrement plus le même. Je n'oublie pas qui je suis. Je ne savais pas à ce moment là que ma vie pouvait encore s'empirer.
Le jour de mon audience, la sentence est tombée. La durée ? Je sais plus trop tellement j'étais abasourdi par le jugement : 5 homicides volontaires, 5 meurtres. J'aurais tué ma femme, ma fille et ceux qui étaient là dans un excès de colère car elle me trompait. Il avait le bras long ce fils de pute, et la corruption, c'est pas ce qui manquait. Bref, je sortirai sûrement jamais de ce trou à merde. Je vais devoir m'y habituer à ses putains d'îles Marias. 2008 et ma vie s'effondre. J'ai la rage. Y a pas de Bhavanas en prison, je suis seul, avec plus aucun espoir, alors je bronche pas et je passe ma peine tranquille. C'est fini la bagarre, j'ai plus le temps pour ces conneries, mais parfois y avait pas le choix. Mon co-détenu a voulu me faire porter le chapeau pour ses cachoteries de merde, résultat, j'ai passé des jours au trou, sauf qu'à mon retour, je lui ai éclaté sa putain de gueule sur le lavabo.
" Il respire toujours, c'est déjà ça. "
C'est les dernières paroles que j'ai dit aux gardiens, avant que la pluie de matraque tombe sur mon dos. Ils m'ont mis au QHS. J'ai bien failli devenir fou entre ces murs, on mange de la merde, on a pas de quoi se déplacer, on sort pas, on voit personne. Un enfer, face à moi-même, et mes souvenirs, mes traumatismes. Luna, Rosa, c'était ma faute, je mérite ce qui m'arrive et je ne paie que le prix actuellement. Mais je dois me battre, je suis le dernier survivant. Pour l'honneur de ma famille. Il n'y a plus que ça qui compte.
Après de longues semaines, on me sort enfin. Je dispose même d'une cellule tout seul, royal. Cependant, au premier repas dans le réfectoire, je me fais encerclé par des mecs qui semblent assez dangereux. Y en a même un qui ressemble à Jesus, même carrure. Sauf que là, c'est pas pour rigoler, on me fait comprendre que j'ai pas cogné le bon type, et que je vais bouffer pour le restant de mes jours ici. Il va falloir que je file droit si je veux pas mourir. On m'a bizuté, pendant de longs mois, jusqu'en 2009. J'ai pas voulu me rebeler, par peur de mourir. J'avais même l'impression que certains gardiens étaient dans leur poche, j'ai pris tellement cher, mais je suis toujours debout. Ces fils de pute ont failli me tuer plus d'une fois, à me foutre sur la gueule à plusieurs, j'étais tout seul. Cette haine, contre laquelle je me bats depuis des mois, me hante et revient constamment de plus en plus forte. Puis, un signe du ciel. L'armée convoque un grand nombre de prisonniers dans la salle commune pour leur faire passer un "test". Ils nous expliquent que ce test peut être une porte de sortie pour purger notre peine plus rapidement. Je n'hésite pas une seule seconde. Les réponses sont assez basiques, mais bizarres. J'avais l'impression que c'était un piège, pourquoi on demanderait à des criminels s'ils savent utiliser des armes à feu ? Mais je m'en fous, je vais peut-être sortir.
Après quelques jours d'attente, on vient me chercher dans ma cellule. Enfin la liberté. Pour aller où ? Je m'en fous, je suis libre. Un groupe de prisonniers embarque avec moi dans un avion en direction de la République tchèque, pour ensuite partir en hélicoptère vers le camp de Tisy à Alexandria, ce jour-là, j'ai fait la rencontre d'un homme : Arnost Keri, le colonel Keri. Il avait l'air assez réticent à l'idée d'avoir des soldats "criminels" comme il aime les appeler. Mais il a fait un effort, pendant les 24h où les supérieurs étaient sur place. Une fois les hélicoptères partis, et le soleil levé du lendemain, je replonge en enfer. Il semblerait que Keri ait regardé tous les casiers judiciares pendant la nuit, pour pouvoir "cibler les raclures que l'on était". Il avait pas mal de soldats au sein du camp, donc pas besoin de main forte. Je me suis même rapproché d'un des fils de pute qui m'a fait du tort en prison, c'est dire, mais j'oublie pas. La première année n'était pas la plus facile. Les détenus étaient chargés de nettoyer le camp, de chasser les ours, de laver les armes... Des tâches ingrates, et si certains avaient le malheur de vouloir cacher une arme, ils étaient abattus sur le champ.
Il n'a jamais voulu qu'on lui prête main forte, et tout ceux qui osaient cacher une arme, était fusillé sur le moment. Il ne veut pas de "criminel" dans ses rangs, et à chaque fois qu'il évoque ce putain de mot, ça me rappelle ma famille, et cette haine, je ne peux plus la contenir. Beaucoup d'entre nous sont morts de froid, de faim, certains se transforment dans les dortoirs. C'est un enfer. Je me rappelerai toute ma vie, en 2011, de cette invasion. C'est pas faute d'avoir essayer de dire qu'il fallait fermer ses putains de grillages, mais il ne voulait pas qu'on s'approche des murs. Tous les fuyards étaient abattus. L'invasion a eu lieu en pleine soirée, les soldats étaient peu nombreux et se sont faits inonder par la horde. Des morts et des morts, en tas. Et tout ceux qui avait été en contact avec du sang infecté, ont été fusillé. Ce jour-là, je me suis caché, et j'ai vu, le chien qui m'a fait tant de mal en prison, me supplier de l'aider alors qu'il se faisait déchiqueter sous mes yeux. Je me suis nourri de sa détresse dans son regard. Quelle satisfaction, de voir la vengeance d'un monde s'abattre sur ce genre de déchets humains. J'aimerais la voir dans le regard de Keri, cet homme qui a tué des centaines et des centaines de soldats, en mission suicide. Quand l'occasion se présentera, je le tuerai de mes mains. Lui, et son garde, Louis. Surtout depuis ce jour où, après cette mutinerie inutile, il m'a retiré mon oeil gauche à coup de matraque. Je ne me rappelle plus rien de ce jour. Mutinerie dont je ne savais même pas l'existence. Il n'a rien voulu savoir, j'étais un "criminel".
2012, ma renaissance. Un homme est venu libéré les détenus de la FED, et cet homme, c'est Ales Moravec. Cela faisait maintenant quelques jours qu'il avait constaté que des gens étaient retenus ici. Il a fait son sauveur ce soir-là, en attendant que Keri sorte et parte en expédition avec ses hauts gradés. Il ne restait plus que de simples soldats dans le camp. Une explosion retentit au loin dans la forêt, des hommes habillés en noir envahissent le camp, et exécute un grand nombre de gardiens présents sur le site. Il n'y a plus qu'eux et nous. Avec mon oeil borgne, je tape dans l'oeil du chef du groupe, Ales, et il vient m'adresser la parole en me demandant ce qui m'était arrivé. Après une vanne foireuse, il me prend sous son bras et il me dit que maintenant c'est fini. Ses hommes pillent le camp et chargent un grand nombre d'armes dans les véhicules. Je demande à Ales une dernière faveur, il accepte et m'accompagne. Je me dirige vers le bureau de Keri, pour fouiller et voir si quelque chose s'y cachait, je tombe sur une sorte de carte magnétique. Et bien, ça pourrait servir à l'avenir qui sait. Je la range dans ma poche, et, en sortant du dortoir, je tombe face à un rescapé, Louis. Il a à peine le temps de poser la main sur sa radio que je lui saute dessus comme une bête sauvage. Il n'a même pas le temps de réagir et sans aucun mot, j'attrape une pierre à côté et je lui écrase le visage avec. De longues minutes, toute ma haine, éclatée sur son visage. Il est méconnaissable, je l'ai défiguré. Ales a vu ça en arrivant, se demandant ce que je foutais et m'a même félicité, encore une fois avec une vanne foireuse. Il finira par pisser sur la gueule de Louis, enfin ce qu'il en reste, avant que l'on reparte dans la nuit en direction de son camp.
Un an est passé et nous sommes en 2013, cela fait des mois que nous vivons comme des nomades à piller des camps, pour y rester quelques semaines puis repartir. Je me suis fait remarqué auprès de Ales et je suis désormais son bras droit. Il avait un projet intéressant : s'attaquer à la ville de Novodmitrovsk. Il y avait un petit groupe de survivants installé. On en a profité pour en dégager quelques uns, et tuer les autres. C'était chez nous maintenant, c'était à nous. J'aimais bien la mentalité d'Ales, et à force d'échanger avec lui, on était pas di différent. On voulait juste rendre au monde ce qu'il nous avait donné.
Nous sommes en 2015, tout se passe bien à Tchernobog. Un pacte de non-agression a été mis en place par Keri pour pouvoir assurer la paix dans toute la région, et me connaissant, il a bien fait. Chose étrange, Ales est bizarre depuis qu'il est revenu de Chernogorsk, et je crois qu'il a pas apprécié que je prenne les commandes ici. Je perds les pédales ou c'est lui qui a changé ? Dorénavant, il ne me reste plus que ma famille ici, et on ne pourra pas me les retirer.
Ceci sont les derniers mots, écrits par Angel Vargas dans sa cellule, après avoir été capturé par la FED pendant la guerre contre les Renégats
" Mes frères, je vous écris aujourd'hui ces mots, car je ne sais pas si je vais sortir de ce trou à merde ou pas. Ils m'ont mis au QHS, comme avant. Enfin bref, j'écris ce jour après vos tirs et vos grenades, ils sont pas confiants, vous allez gagner la guerre et je vais sûrement en claquer. Ils passaient leur journée à venir se rassurer devant ma cellule quand ça tirait, laissez-moi rire. Je pense au lépreux, je pense au nouveau, je pense à tout ceux qui vont sûrement mourir de leur main et j'ai la haine. Je pense à ma femme et à ma fille. J'aurais envie de les tuer tous un par un, j'aurais pu le faire de nombreuses fois mais je tiens. Je vais tenir et dès que je peux je vous rejoindrai. Dès que je sors on terminera une bonne fois pour toute ce groupe militaire de merde qu'est la FED. Keri a bombardé Espérance et ses hommes tolèrent, il avait qu'une bombe, les autres ça vient de l'extérieur. Il a fait des horreurs et vous le savez très bien, je vais le tuer ce fils de pute. Je vais tuer tout ceux qui ont été de près ou de loin proche ou lié à la FED, c'est et ça restera ma volonté. On m'a craché au visage, on m'a coupé un pouce, je suis resté debout. Par contre on a mal parlé de ma femme, et je vais le tuer ce Aruis. Donnez tout ce que vous avez pour tuer ces traîtres et ces personnes mauvaises qui m'ont fait devenir qui je suis aujourd'hui. Je vais sortir je vous le promets, et à la fin de cette guerre, tout le monde fera bien ce qu'il a envie, ça sera le repos du guerrier, pour tous. Pour ceux qui ne le savaient pas, oui j'ai été incarcéré, pour 3 meurtres, mais je n'en ai commis qu'un seul : le chien qui a osé tuer ma femme et ma fille devant mes yeux. Keri n'a jamais voulu savoir pourquoi j'ai été en prison, et les conditions de vie à la FED étaient déplorables. Mes frères, et c'est la vérité, si Keri m'avait écouté, je serai soldat de la FED à l'heure actuelle, mais cette homme n'a pas de valeurs communes avec moi. Il a tué un paquet de ses hommes dans des missions suicides, des escadrons de 5 soldats pour des centaines de mutants. On a passé nos journées à laver des armes, des chaussures, des tentes, et planter des putains de légumes. À protéger le camp des ours, à être épuisé au point que certains se transformaient. C'était pas vivable, et je ne pense pas être quelqu'un de mauvais. J'ai vengé ma femme et ma fille, et c'est tout ce qui compte. Il n'a jamais voulu comprendre. Les mutants ont envahi le camp et on fait un massacre. Je suis resté caché pour pouvoir survivre. Toute personne ayant été en contact et blessé par ces mutants, ont fini fusillé face à un mur. Des conditions horribles au point où certains se transformaient dans les dortoirs. Dans des putains de hangar où il faisait -50. Comprenez ma haine, je voulais prêter main forte à ce colonel, pour qu'il me haïsse d'une haine aussi profonde que son courage. J'ai perdu mon œil à cause de ce chien, il pensait que j'étais le chef de la mutinerie. Mes couilles. Et vous savez mes paroles et mes actes pour ce putain de pacte de non agression, j'ai tout fait pour écarter Espérance histoire de régler ça sans faire de dommages collatéraux, juste pour avoir l'armée de Keri face à moi, une bonne fois pour toute. Ales ne pourra plus venir me sauver, et c'est une certitude. Mais parfois, je me dis que s'il avait été là, les choses auraient tourné différemment. En bien en mal, j'en sais rien, dans tous les cas on a bien fait, mais il m'a sauvé la vie et j'oublierai jamais ce qu'il a fait pour moi. Casquette, je sais bien que tu ne voulais pas la guerre, j'espère partir avant toi, que tu puisses avoir une vie paisible et libéré de tout ça. Mais d'un côté, j'espère aussi ressortir victorieux pour pouvoir te l'offrir en face à face cette liberté, comme le nouveau l'a toujours voulu. Les trois frères, vous êtes des petits cons, mais vous avez bien mûris avec nous, vous avez le sang chaud mais la tête froide, et y en a pas un pour relever l'autre, sauf quand il s'agit de la conduite. J'en ris tout seul dans ma cellule. L'immortel, j'espère que tu nous enterreras tous, pense à moi quand tu reboufferas des spaghettis en boîte, avec tes lunettes à la con là. Rambo et Chouineur, bon j'ai tué Dani, mais parfois je regrette, c'était à cause de ce fils de pute de Uthred aussi, tout ça pour un bon à rien, on en discutera quand je sortirai de ce trou Rambo t'en fais pas, et Chouineur, t'es devenu un homme, j'en lâcherai presque une larme d'émotion. Levis, putain Levis, tu deraillais ces dernières semaines, mais tu sais quoi, tu tapes dans l'oeil de l'infirmière, elle me fait des bandages t'en serais jaloux. Viens sortir tonton Angel en lui faisant les beaux yeux. Elle va kiffer ta voix roque. Plus sérieusement, je sais que Casquette veut pas de tout ça, si je claque, reprends les rênes et encule tout ceux qui ont collaboré avec ces fils de pute. Encule les pour tonton et coupe des doigts. Si je m'en sors, j'irais voir tous ceux de la région pour y transmettre ces sages paroles. Pour montrer que Vargas n'est pas le monstre tueur sanguinaire à tour de bras, mais plutôt une âme dépravée à qui on a tout enlevé, et que le monde a rejeté, alors il lui a juste rendu la pareille. C'était tonton Vargas ce soir, j'aimerais rentrer dans la gueule de 0.7 mais je vais sûrement canner, alors si tu lis ça sur mon cadavre 0.7, j'espère avoir cogné fort ta grosse gueule de pédale. Vive mes frères, vive les renégats. Je suis peut-être devenu un monstre que l'on rejette, mais quelque part, j'ai retrouvé une famille, ma famille. Je vous défendrai coûte que coûte, et si je me suis fait attraper au château, c'est parce qu'on était encerclé. Je vous ai sauvé mes frères, j'ai sauvé ma famille cette fois-ci. Merci.
- Angel "
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