Portrait de Tomas Sojka

Personnage RP · Archive Alexandria

Tomas Sojka

Saison 13 — Renaissance

Décédé Décès : 29/06/2023 Survivant

Cause : Louiza, mes frères, je suis désolé, j’aurais essayé. On aurais du s’écouter et tous les tuer, on se reverra bientôt.

Identité

Son histoire

4 juin 2015, Alexandria :

Pourquoi ça n’a pas suffit ? C’est la question qui tourne dans ma tête nuits et jours depuis 3ans. Trois longues années de solitude. Un mélange d’espoir et de désespoir, un mélange de vie et de mort.

Je n’ai encore croisé personne ici à Alexandria. J’étais venu suite à l’article que j’ai lu le 7 août 2010, le jour du 8ème anniversaire de ma fille.

Le jour où la vie sur terre a été changée à jamais.

 

Depuis 2007, j’avais tenté de mettre en garde la population. Je travaillais auparavant dans un laboratoire P4 proche de Prague en République Tchèque.

Dans le même temps, je faisais partie d’un groupe d’activistes qui avait vu le jour à Ratisbonne.

Nous avions remarqué l’apparition de plus en plus fréquentes bactéries et de virus autrefois disparus qui s’étaient avérés dangereux pour l’Homme.

 La situation économique et politique mondiale était déjà bancale et je m’étais préparé au pire.

La plupart des gens continuaient leurs vies normalement et peu de gens étaient convaincus par nos arguments. 

Même ma femme Katarina n’avait pas réellement saisis la gravité de ce qui pouvait découler de nos découvertes. 

Les confinements étaient devenus une norme et nous travaillons moins régulièrement que dans le passé.

Sans doute à cause de mes mises en garde publique, on m’avait relayé dans un autre laboratoire P3, et je n’avais plus la possibilité de suivre l’avancée de nos dernières découvertes.

Alors j’ai pris la décision de me rapprocher de Ratisbonne ou ma femme et moi avions une résidence secondaire. 

Ma fille Hana passait son temps à l’intérieur ou dans le jardin, elle voyait rarement ses amis à cause des confinements et elle en souffrait énormément.

Du haut de son jeune âge elle était déjà très lucide sur ce qui se déroulait à l’extérieur au grand désarroi de ma femme, qui n’aimait pas entendre parler de ce genre de choses.

 

Katarina et moi nous étions rencontré dans l’enfance. 

Nous avions grandi dans la même ville, avions étudiés dans la même classe jusqu’au lycée et nous nous étions mariés pour nos 27ans ; Le 16 août 2001.

J’avais eu une enfance normale, sans complication, jusqu’à mes 19ans ou j’ai perdu mes deux parents dans un accident de voiture.

J’avais dû me débrouiller seul, mais ma détermination n’en était que décuplée.

J’étais déjà très attachée à Katarina à l’époque, elle était mon pilier, et aussi la seule personne qui m’animait.

Dans les années qui suivirent, j’ai pu rapidement me hisser dans un laboratoire P4 à la fin de mes études, car déjà à l’époque, le monde avait besoin de beaucoup de gens pour étudier les vagues de virus.

 

Finalement Katarina et moi avons eu une fille un an après notre union le 7 août 2002. Et nous avons continué notre vie « paisible » jusqu’en 2010.

En effet depuis déjà 2ans nous vivions dans notre résidence secondaire. J’avais presque complètement cessé mon activité professionnelle et bien que je sois préparé à ce qui allait arriver, nous avions du mal à joindre les deux bouts.

Le 7 août 2010, le jour des 8ans d’Hana, je suis tombé comme beaucoup d’autres sur l’article du Alexandria Times, celui qui nous annonçait la venue d’un agent pathogène qui allait réduire drastiquement la population mondiale.

Tout le monde était infecté, et nous devions surveiller avec précautions l’état physique de nos proches, pour ne pas que ceux-ci tombent, puis deviennent violent et se mettent à nous attaquer. Les scientifiques déclaraient que c’était la fin, de tout ce qu’on avait connu, qu’il n’y avait aucun antidote.

Et malgré ma lucidité quant au sujet, j’étais complètement abasourdi.

Je regardait ma fille souffler ses bougie et je ne pensait plus qu’à notre fin.

Le soir même j’entamais une discussion avec Katarina, je lui faisais part de ce que j’avais vu, de ce que j’avais préparé des années à l’avance, nous avions une voiture, du carburant, des vivres des médicaments pour l’asthme d’Hana et des antibiotique en tout genre ainsi que deux armes et des munitions.

Tout était regroupé dans la cave derrière une solide porte fermée à double tour.

Katarina n’y croyait pas. Elle m’accusait de ne pas profiter de l’anniversaire de ma fille, elle était dans le déni total.

Comme j’aurais aimé ne pas voir cet article…Si j’avais su qu’il s’agissait de l'un des derniers anniversaires d’Hana.

Nous avons passé quelques semaines plutôt tranquilles, certains jours, certaines nuits étaient plus agitées, régulièrement il y avait du passage, des gens venant des villes qui se déplaçaient, les mains presque vides, certains à deux doigts de devenir une de ces choses.

D’autres nous décrivaient l’horreur que nous avions pu éviter.

Deux ans étaient passés mais je ne cessait de penser à ma fille, qui grandissait enfermée dans une maison, ne pouvant qu’observer le monde brûler par la fenêtre ou dans le jardin.

Observant son père, refuser son aide à certains, se battre avec d’autres.

Observant ses parents changer, s’enfoncer dans l’instinct de survie et ne pensant plus qu'au bien être de leur famille.

Katarina ne se faisait pas au monde qui l’entourait, les choses avaient changé si brutalement pour elle. Je faisais de mon mieux pour la rassurer je crois.. mais Tomas n’étais pas assez présent. Je n’étais que l’ombre de moi même.

Nous nous disputions, régulièrement, parfois devant Hana. 

Ma femme perdait espoir, et malgré un certain confort, je savais pertinemment que nous ne pouvions pas rester éternellement dans une maison près de laquelle passait régulièrement des gens luttant pour leur survie.

Mais j’étais aveugle. Un soir, lors d’une dispute, j’ai dit à Katarina que nous devrions partir un jour ou l’autre, que je devrais me mettre à bouger, à chercher des vivres des médicaments, que nos maigres trocs n’allaient pas éternellement renflouer les stocks de la cave.

Elle m’avait répondu, qu’elle ne voulait pas me suivre, qu’elle ne comprenait pas. Je lui disais qu’on allait mourir, mais elle semblait ne pas écouter. Elle disait qu’Hana méritais mieux que de vivre dans un monde pareil.

 

Les mois passaient et la situation semblait stagner mais nos vivres, eux, diminuaient à vue d’œil.

J’avais décider de partir en expédition dans une petite ville à proximité, je n’avais que pour quelques dizaine de minute de route en voiture. J’avais trouvé quelques médicaments, des conserves et même chassé un lapin. Mon exploration n’avait pourtant duré qu’une heure environ.

A mon retour, je vis immédiat Katarina, dans les marches de l’entrée, Hana dans les bras. La porte qui menait à la cave était grande ouverte, j’avais dessuite compris que quelque chose n’allait pas.

Des hommes cagoulés et armés étaient entrés chez nous ils avaient menacé Hana et Katarina d’une arme. 

« Il sont arrivés en voiture, ils ont tout pris. » m’a elle dit.

Je n’étais pas au bout de mes surprises, au bout du chemin par lesquels ils étaient arrivés, il y avait un cadavre, celui d’un des assaillants. Ma femme lui avait tiré dessus avec l’arme que je n’avais pas emporté. Elle venait d’abattre un homme dans sa fuite. Hana était traumatisée. Katarina, elle, semblait vide. Quelques larmes coulaient sur ses joues mais elle ne laissait aucune émotion transparaître. Elle ne faisait que me décrire de manière monotone ce qui s’était produit.

En plus du choc que ma famille avait subi, nous n’avions plus de vivre, plus de médicaments pour ma fille, rien à part la maigre compensation que j’avais ramené d’expédition.

J’avais tout perdu pour ça. Pour une prise de décision que Katarina avait réfuté.

Elle ne me parlait plus. A part pour me demander de m’occuper de notre fille. Elle n’étais plus qu’un fantôme qui se balade dans les couloirs de notre maison. Elle pouvait parfois rester des heures enfermée dans la chambre.

Dans ces moments je restais avec Hana auprès du feu, je l’écoutais me dire à quel point elle voulait voir le monde extérieur, à quel point elle souhaitait que je vienne en aide au gens, elle pensait que les assaillants étaient des gens à qui j’avais refusé de donner une partie de nos vivres.

J’espérais vraiment pouvoir la faire sortir de ce jardin un jour, l’amener dans un endroit plus sûr, ou elle pourrait grandir entourée, et en sécurité.

 

La situation se faisait urgente. Désormais je n’avais pas le choix que d’aller chercher des vivres.

J’ai parlé à Katarina d’une pensée. Peut être une solution. Si l’article avant-gardiste avait été écrit et publié à Alexandria, alors peut-être que la situation là bas avait été anticipée. Peut être que quelques uns subsistaient.

Quelques jours plus tard, nous avions quasiment épuisés nos ressources, et je suis de nouveau parti, à contre cœur. Je réfléchissait à ce que j’avais proposé à Katarina. Elle ne semblait plus la même mais j’espérais que ce n’était qu’une phase. Comme la dernière fois, mon expédition fut plutôt fructueuse, j’avais du carburant, des médicaments et même un ours en peluche pour Hana, elle allait être contente. Mais sur le trajet du retour, j’ai aperçu au loin une grande fumée noire qui venait de la maison.

Je n’ai pas cessé d’accélérer jusqu’à mon domicile. Mais à mon arrivée, il n’y avait que des flammes et de la fumée. J’ai hurlé de tout mes forces, essayé tout ce que j’ai pu. Je faisais le tour des flammes comme pour trouver un moyen d’y entrer. Je ne voyais rien, rien à part le feu.

Je suis descendu à la cave, en espérant de toute mes forces y trouver ma famille, mais il n’y avait qu’une lettre sur la table.

 

« Tomas, depuis des semaines tu n’es plus toi même. Tu n’es plus là. Je t’ai dit un bon nombre de fois qu’Hana méritais mieux que nous, mieux que le monde qui l'entoure.Tu as été égoïste de croire que j’avais envie de continuer. J’y ai pensé pendant des jours, j’ai essayé de te le dire mais tu n’écoutais pas. Pourquoi ça n’a pas suffit ? N’ai je pas été assez claire..? Le soir ou tu es parti, j’ai repris espoir l’espace d’un instant. J’ai oublié ce qu’on vivait et j’ai voulu te faire confiance, mais ce soir là j’ai pris la vie d’un homme. Qui ne cherchait sans doute qu’à survivre. J’ai tué devant ma fille. Ma fille qui venait d’être prise pour cible. Par ta faute. Tu n’étais pas là, pas seulement dans ta tête mais physiquement ce soir là. J’aurais aimé que nous en discutions. Je ne voulais pas te faire de mal malgré tout ce que j’ai pu dire ces derniers temps. Tu a été présent pour moi toute ma vie. Mais cette vie là je n’en veut pas. Ni pour moi ni pour ma fille.

Hana n’a pas souffert je te le promet. 

Adieu Tomas. »

 

Je crois que j’avais compris sans la lire. Je l’ai mise dans ma poche, j’ai pris le véhicule et je me suis éloigné de la maison quelque temps. Je ne sais pas pourquoi. J’ai fais comme si de rien n’étais. J’ai attendu, j’ai dormi, le temps que les flammes s’éteignent. C’est comme si j’avais perdu connaissance. Puis j’ai trouvé les corps dans la maison le lendemain.

Je suis parti immédiatement. Et chaque jour qui a suivi cette semaine j’ai essayé d’en finir avec ma vie, mais j’étais trop faible et incapable, j’avais même été incapable de voir ce qui se profilait.

Je m’étais préparé à la situation mondiale, j’avais essayé d’en préserver ma famille, mais pourquoi ça n’a pas suffit ?

Je pensais avoir fais de mon mieux pour elles, pour les protéger, alors pourquoi ça n’a pas suffit ?

J’écoutais ma fille, ses mots sages du hauts de ses 8ans. J’aurais du aider ces gens, mais je pensais avoir aidé ceux qui le méritaient alors pourquoi ça n’a pas suffit ?

 

Puis j’ai lu la lettre et j’ai compris.

J’ai compris que JE n’avais pas suffit. Que je n’avais pas été présent, que je n’avais pensé que par moi même. Que je n’avais pas vu et pas entendu car je m'étais persuadé d'un avenir, je poursuivait un rêve comme un enfant.

J’ai entamé un long voyage. Ou certaines fois encore je me suis retrouvé incapable de rejoindre ma famille. J’ai longuement réfléchis, sans réellement jamais trouver de coupable ou de réponses.

Je me suis dirigé à Alexandria, comme j’avais prévu de le faire. Je ne sais même pas tellement ce que j’allais chercher.

Durant 3ans j’ai mené une vie de nomade dans le pays, je me suis battu, j’ai survécu, et j'ai tué. Pour me défendre, c'était comme un automatisme, je voulais en finir avec ma vie et pourtant je ne pouvais pas me laisser faire.  J’ai fais le même rêve en boucle et me suis posé la même question sans réponse.

Aujourd’hui, nous sommes en été je crois, en 2015 je suis arrivé à Alexandria depuis presque 1an je vis reclus et je n’ai pas croisé qui que ce soit depuis des mois.

J’ère sans but, parfois en écoutant ce que m’incitait à faire ma fille, parfois en agissant sans penser, en suivant ma colère et mon instinct de survie. 

 

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Znak - Vous l’avez laissé se vider de son sang à vos portes. De plus vous avez dit mot pour mot « va demander de l’aide ailleurs ». Il s’agirait d’être cohérent.

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Znak - Ça vous intéresse maintenant ?

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Bos. - Alors c’est ça ? Ceux qui ne vont pas dans ton sens sont des renégats ? Et maintenant tu refiles la patate chaude à un autre ?

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Enzo - Tu ferais mieux de t’en aller. Ils vont te laisser crever tu vois pas que ce qui les intéresse c’est de savoir ou est l’ennemi ?

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Bos. - Vous ne savez pas où vous mettre les pieds. Pourquoi déclencher une guerre, à nouveau ? Laissez les habitants tranquilles et réglez vos histoires en silence. Des hommes en noirs qui tuent ou des hommes en blanc qui tuent je ne vois aucune différence.

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Il avait tout perdu, pour ensuite tout retrouver. Tomas, ou plutôt, Casquette, en passant par Adam, a donné sa vie pour son groupe. Et, à force de changer sa casquette, il a fini par perdre la sienne.

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