Personnage RP · Archive Alexandria
Eliáš Beranová
Identité
Son histoire
Pensées de Eliáš :
La nature n’est décidément pas clémente ces temps-ci, il est difficile de faire pousser mes légumes avec ce brouillard persistant. Les seules tomates qui daignent se montrer ont un goût vraiment fade. Je me demande pourquoi le climat est devenu aussi rude tout à coup…
En plus, la chasse s’est compliquée étant donné que je ne vois rien à 30 m.
Je crois que je vais devoir malgré moi faire un tour dans la ville voisine pour chercher de quoi me nourrir même si l’idée ne me plaît guère. Si j’ai quitté la société en coupant tout contact avec les gens, il y a de ça 5 ans, je ne pensais pas être contraint à me risquer à voguer dans cette mer de nuage au milieu d’une ville maintenant infestée de ces parasités. Et pourtant, même si les bruits d’explosions inconnus me criaient de rester où j’étais, il a fallu que j’aille chercher à manger.
Je suis repassé dans les rues que je fréquentais avant, je veux dire avant l’effondrement. C’est à peine si j’ai reconnu l’ancienne école primaire où j’enseignais. Les chuchotements des classes, les rires de la cour de récréation, les bruits de couverts de la cantine… Tout a laissé place au frottement des feuilles mortes sur le bitume, aux infiltrations d’eau sous la toiture, au grincement des portes poussées par les courants d’air. De quoi vous mettre un coup au moral pardi ! La nostalgie m’est montée à la tête.
Né en 1965 à Chernogorsk, j’étais quelqu’un de plutôt simple, je pense, un professeur des écoles lambda bien que les élèves m’appréciaient beaucoup. Je n’avais ni femme, ni enfant, enfin si, j’avais quand même la garde d’une vingtaine de mômes mine de rien ! Je me demande ce qu’ils sont devenus…
A part ça, je n’ai jamais eu beaucoup d’amis, mais je n’étais pas mis à l’écart pour autant, je pense simplement que je ne voulais pas m’attacher aux gens si c’était pour avoir le cœur déchiré lorsqu’ils sortiraient de ma vie. Sans doute que la mort de mes parents dans un accident de voiture durant ma jeunesse a joué sur ce comportement, je n’avais que 8 ans. Après avoir été élevé sans réels repères, je me suis tourné vers l’éducation pour en faire ma vocation. Je pense encore aujourd’hui que les enfants ont besoin de modèles honorables et bons pour leur futur. Comme je n’ai pas eu la chance d’avoir des parents pour m’enseigner la vie, j’ai pensé qu’il serait bon si je pouvais offrir cette chance aux jeunes gens défavorisés qui ne bénéficiaient pas forcément tous de parents attentionnés.
J’ai donc enseigné à l’école de Vysotovo pendant 25 ans, de 1985 à 2010, dans une école avec des élèves venant de milieux compliqués. J’avais à ma charge une classe de dernière année de primaire, les enfants avaient entre 10 et 11 ans. Durant cette période, j’ai enseigné mon savoir aussi bien intellectuel que civique à mes élèves, mais j’ai aussi appris à voir la vie de leur point de vue d’âmes innocentes. C’est une grande leçon de vie d’être professeur, je peux vous l’assurer.
Cette époque me manque, et le vide laissé dans les couloirs laisserait presque une larme s’échapper de mes yeux, car même si ce sont des bons souvenirs, la fin de cette époque s’est très mal terminée.
En 2010, alors que le monde découvrait une nouvelle maladie provoquée par un parasite, je continuais mon rôle d’enseignant. Les jours passaient, et les classes se vidaient de plus en plus à cause des départs des parents qui rejoignaient leur famille dans des endroits qu’ils espéraient être préservés de l’infection. L’établissement avait prévu de fermer ses portes le 1er juillet suite à une décision gouvernementale afin de confiner tout le monde chez soi. Mais le 30 juin, quelque chose de terrible arriva. Alors que Lexa, une jeune élève, traversait la route pour quitter l’école et rejoindre ses parents chez elle, elle se fit percuter par une voiture qui prit la fuite sans ralentir un seul instant. Des souvenirs douloureux me sont revenus, mais je devais me ressaisir pour mettre en sécurité les enfants. Pendant que je rentrais les écoliers à l’intérieur de l’école, un échappa à ma vigilance et était immobile, terrorisé par ce qu’il venait de voir. J’ai voulu me précipiter vers lui pour le mettre avec ses camarades, mais… Lexa… Elle s’est soudainement mise à bouger et a dévoré son camarade avant que je n’arrive…
Les deux enfants ont été abattus par une patrouille de police qui avait été appelée suite à l’accident.
Ma carrière d’enseignant s’est terminée par un échec qui m’a poussé à couper tout contact avec les gens. Je n’ai pas réussi à protéger des élèves placés sous ma responsabilité, une honte… J’ai rassemblé quelques affaires, dont des livres sur la chasse, la culture et les plantes et je suis parti m’isoler loin du monde qui sombrait dans le chaos un peu plus chaque jour. Et me voilà aujourd’hui, assis sur ces marches d’escalier à me remémorer tous ces événements qui appartiennent au passé et qui continuent pourtant de me hanter.
Il faut que je rentre. J’ai trouvé une boîte de conserve. Au moins, je ne rentre pas bredouille.
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