Portrait de Ilyas Zakayev

Personnage RP · Archive Alexandria

Ilyas Zakayev

Saison 16 — Libération

Décédé Décès : 31/03/2024 Médecin

Cause : Chris mon pote, j’arrive. Demba, Antoine je compte sur vous.

Identité

Son histoire

Mon nom est Ilyas Zakayev.

Je suis né en Tchétchénie en 1979, à Groznyï plus précisément. 

J’ai vécu une enfance normale entouré de ma mère Nura, mon père Murad et de mon petit frère Adam jusqu’en 1991.

En effet mon adolescence fut marquée, comme mon pays par de nombreux événements qui furent décisifs pour l’avenir de notre nation.

En 1991, notre pays a revendiqué son indépendance auprès de la fédération de Russie, ce qui mènera trois ans plus tard à la scission de la Tchétchénie et au début de la guerre contre la Russie en 1994.

Des conflits internes étaient survenus en 1993 puis nous nous sommes lentement dirigés vers l’escalade.

Durant deux années, notre pays a subi beaucoup d’attaques: des raids aériens, des tirs d’artillerie, des tentatives d’invasions; Mais nos fiers soldats ont réussis à garder le contrôle de la région. 

Mon père s’était engagé dans l’armée, et avait malheureusement péri dans un bombardement alors qu’il avait eu une permission pour nous rejoindre.

 

Les années suivantes furent difficiles. 

Ma mère devait, seule assumer la charge de deux enfants dans un pays en reconstruction, dans tous les sens du therme. J’ai du m’accrocher, j’ai bien étudié à l’école jusqu’à la majorité, et une fois mon diplôme obtenu, j’ai fais mon service militaire et j’ai rejoint l’armée pendant deux ans, jusqu’en 1999.

L’année de mes vingts ans, une nouvelle guerre fut déclarée par la Russie. Non contents des accords signés à la fin du premier conflit, les services secrets russes organisèrent un attentat sur leur propre sol au nom de la Tchétchénie. 

Le combat fut bref, mais très intense, trop même. C’était un véritable massacre, sur tous les points. En un an à peine, notre armée avait été mise à genoux. 

Nos villes avaient étés pillés et bombardées, nos villages vidés de leurs habitants, qui étaient souvent massacrés.

Mais nous ne voulions pas nous arrêter de nous battre, il s’agissait de notre liberté, de notre identité. Des gens comme mon ami d’enfance Halid m’ont accompagnés jusqu’au bout, au péril de leurs vies.

Nous avons vu n’ombres d’horreurs, survécus à bien de choses, mais nous ne pouvions pas nous préparer à la perte de nos familles et pour beaucoup, ce fut la raison de leur abandon. Ce fut mon cas, mais pas celui d’Halid mon ami. 

Au cours de l’année 2001, ma ville natale a subit énormément d’attaques, et lors de l’une d’elle, mon petit frère avait été tué. 

Ma mère par chance avait survécu à ses blessures, mais Halid n’a pas eu cette chance. Tous les membres de sa famille sont morts ce jour là, et ce fut trop dur à encaisser pour lui. 

Après ces massacres une série d’attentat suicides ont été organisés par des hommes désespérés, dans une ultime tentative de déstabiliser le camp adverse. Mon ami Halid et moi étions ensemble quand il a fais le choix de se sacrifier. Je l’ai vu enfiler ce gilet, et monter dans cette voiture. Il m’a dit adieu et j’ai voulu dire quelque chose pour l’empêcher de se donner la mort, mais je n’ai rien dit, et je l’ai regardé partir.

Quand j’ai entendu l’explosion j’ai compris qu’il avait accompli sa mission. Mais je n’ai éprouvé que plus de tristesse.

J’ai décidé de rendre les armes après deux années de souffrance et de violence et de rester auprès de ma mère. Nous avons pris la décision de partir en Roumanie, où nous avons eu la chance d’être accueillis en 2001.

 

Une fois là bas, ma mère avait attrapé le tétanos à cause de ses blessures, quand à moi, je prenait la décision d’aller aux antipodes de tout ce que j’avais connu.

Je voulais être formé pour devenir médecin, soigner les gens, leur venir en aide, c’est ce que j’aurais aimé pouvoir faire pendant la guerre. Ça allait peut-être me permettre de mieux veiller sur ma mère et l’évolution de sa maladie.

La guerre d’ailleurs ne se terminera que des années plus tard. Je suivais l’avancée de l’armée russe dans mon pays d’origine avec la radio et la télé, et je ne cessait de me remémorer tout ce que nous avions perdus.

 

J’ai finalement obtenu mon diplôme de médecine en 2011, et j’ai pu louer un cabinet dans le courant de l’année, me permettant d’exercer en tant que généraliste.

Ce plaisir ne dura pas longtemps. En 2014, tout le monde commençait à parler d’une infection, d’un virus, qui altérait le comportement de l’Homme et le rendait extrêmement agressif et résistant.

Au début, bien que nous prenions ça très au sérieux, le monde tournais comme à son habitude. L’inquiétude montait et le climat devenait tendu un peu partout certes, mais comme si nous étions tous dans le déni, nous avons continué à vivre notre routine habituelle.

On pensait tous que ça passerais, mais après quelques mois à peine la situation est devenue incontrôlable.

Le nombre de malade avait quasi quadruplé, les services publics ne fonctionnaient quasiment plus, nous n’étions plus approvisionnés en vivre.

C’est là que là chaos a commencé à s’installer partout. 

Sortir était devenu une véritable épreuve, entre les infectés, les soldats zélés et les pillards en tout genre, le risque était partout.

Peu à peu la panique prenait le dessus dans les rues, pas une heure ne s’écoulait sans un coup de feu, sans les cris dans les rues et les bruit de pneu qui crissent dans les rues.

Les gens n’arrivaient pas encore à distinguer les malade des gens sains, il y eu beaucoup d’erreurs, certains ce servaient du flou de la situation pour se laisser aller à leurs instincts les plus bas.

Meurtres, viols et pillages devenait la norme dans les grande ville.

Ma mère et moi avons pris la décision de prendre la route en 2015, pour fuir Bucarest et nous diriger peut être vers plus de calme.

Malheureusement c’était bien pire dans les villages. Des extrémistes avaient profité de la situation pour prendre le contrôle des petits hameaux en vue de la quasi absence des forces de l’ordre dans ces zones. Il ne valait mieux pas traîner. Nura était encore affaiblie par le tétanos et je faisais la quasi totalité de mes sorties seul. Nous nous sommes donc installés à la frontière de la Moldavie, dans l’espoir de trouver un pays en meilleur état. 

 

Évidemment il ne fallait pas rêver, la Moldavie n’était ni un havre de paix ni un el dorado. La situation était à peu près la même partout ailleurs à ce qu’on nous disait…

Malgré tout, nous avons trouvé une maison abandonnée en relativement bon état en pleine campagne, où nous avons été à l’abris durant presque trois ans.

Notre quotidien était rude, mais nous vivions et nous étions ensemble ma mère et moi.

Je me contentais de chasser et de trouver des moyens de renforcer la sécurité et l’étanchéité de la maison, tandis que Nura se reposait, cuisinait ou attendait mon retour en rapiéçant des vêtements.

Mais à l’Hiver 2018, alors nous avions du mal à nous nourrir et à nous tenir au chaud, un drame supplémentaire allait frapper ma vie.

Un jour durant mon absence, un homme aillant fait du repérage au préalable s’est faufilé dans la maison pour tenter de se tenir à l’abris du froid. Mais ma mère l’avait vu entrer. 

Elle s’était cloîtrée dans la chambre avec un couteau en main en attendant que l’individu s’écarte ou s’approche d’elle d’avantage.

Ce qu’elle ne savait pas, c’est que l’inconnu était armé, et qu’il allait se mettre à fouiller l’intégralité de la maison. Nura ne sortais jamais, alors de l’extérieur, l’homme devait penser que j’étais seul à vivre dans cet endroit.

Il est tombé nez à nez avec ma mère et tout deux ont pris peur.

A mon retour je trouvais Nura blessée par balle à la jambe. Elle avait perdu beaucoup de sang et elle était terrorisée. 

Elle m’expliqua rapidement la situation: le pillard est entré dans la chambre et au détour d’un angle, il est tombé face à ma mère, celle-ci, prise de peur lui hurla de s’en aller mais l’homme tétanisé et étonné de trouver quelqu’un dans le bâtiment ne bougea pas. Par réflexe d’après Nura, il sorti son arme pour la menacer et elle bondit sur lui en essayant de le désarmer. 

Les deux furent blessés dans leur lute, mais l’homme avait réussi à fuir, laissant ma mère agoniser.

J’ai fais de mon mieux pour la préserver, je lui disait sans cesse que tout irait bien, que j’allais trouver des antibiotiques, que personne ne reviendrait.

Mais ma mère était trop fatiguée. Elle avait été blessée par balles à deux reprises, perdu sont fils, quitté son pays puis quitté sa terre d’accueil.

Elle n’a pas passé l’hiver, la fièvre l’avait emporté en quelques jours à peine.

 

Je me suis donc retrouvé seul en Moldavie en plein hiver, ampli de rage et de tristesse.

J’ai passé la journée suivante à traquer cet homme. Étant blessé il avait laissé de traces, que j’avais réussi à suivre, mais j’arrivais trop tard. Je crois que j’étais en train de perdre pied avec la réalité. Je n’avais plus froid, plus faim, je ne ressentais plus d’émotions.

J’étais comme un animal sauvage qui agit par instinct, j’avançais encore et encore, me répétant en boucle les même questions: 

qui était il ?

pourquoi l’avait il tuée ? pourquoi je l’ai laissée seule ?

N’ayant pas trouvé ni les réponses à mes question, ni le coupable de mon malheur, je poursuivait la route sans relâche dans l’espoir de rattraper cet homme blessé.

Le troisième jour, je l’ai repéré. C’était un homme , il avait l’air seul, d’une trentaine d’années, il avait survécu à ses blessures, pire encore il se portait à merveille. Le temps que j’avais mis à le trouver lui avait permis de se reposer et de se remettre de ce qui était sans doute une légère blessure.

J’ai attendu la nuit, pensant que j’allais rester en planque durant plusieurs jours afin de saisir ma chance, mais j’ai perdu patience.

Dans l’obscurité, je constatait la lumière chaleureuse d’un feu de camp non loin d’un groupement de tente qui semblaient appartenir à l’homme et à son groupe. Il n’était pas seul, j’avais repéré au moins un autre homme, un peu plus jeune que lui.

Je m’avançais prudemment vers le campement, arme en main.

Je m’approchais pas a pas dans le noir, sans un bruit, comme un prédateur, les yeux grands ouverts, prêt à bondir et à allumer tout ce qui bouge. 

Au détour d’un arbre, j’ai vu le complice du tueur, il était en train de pisser à l’écart.

Ni une ni deux, j’ai aligné ma mire avec sa silhouette et j’ai ouvert le feu sans sommation.

Le coup de feu a retenti dans tout le bois, instantanément des cris de firent entendre et j’ai aperçu le tueur s’enfuir avec d’autres membres de son groupe. Personne n’avait l’air de m’avoir vu, aucun d’entre eux ne s’est défendu, alors je me suis ruée sur le matos. Il y avait de tout, de la bouffe, des tentes, du feu, j’étais comme un roi. J’étais affamé, et épuisé, alors j’ai commencé à manger, mais très vite, j’entendis un râle non loin de là.

C’était le mec sur qui j’avais tiré. Il rampait tant bien que mal pour s’écarter de ma position. Voyant qu’il était trop affaibli pour riposter, je lui ai pris ses chaussures, son manteau et je lui ai fais les poches. Il ne me servirait à rien, il ne pouvait pas aligner deux mots. J’ai presque eu de la peine pour cet homme, mais je me suis souvenu. Quelques jours plus tôt, son ami, était venu se servir chez moi, laissant ma mère pour morte derrière lui. Je me suis redressé, je l’ai regardé dans les yeux, il a tendu la main en essayant d’agripper mon pantalon comme pour me dire quelque chose, alors j’ai posé mon pied sur son torse et je l’ai abattu d’une balle dans le crâne.

 

J’avais pris une longueur d’avance, cette enflure de pillard avait dû fuir sans matériel avec le reste de son groupe sans doute terrifié. Tandis que je me délectais de toute la bouffe qu’ils avaient abandonné.

J’ai pris ce qui me serait utile et je suis allé me mettre à l’abris pour me reposer le temps de la nuit. J’avais obtenu une victoire, mais le combat n’était pas terminé.

Le pillard était venu seul, il avait été légèrement blessé, ce n’était donc pas la personne que j’ai abattu au feu de camp, le tireur était encore en vie.

 

Le lendemain aux aurores, j’ai repris la route en suivant les traces de pas dans la neige, certains avaient même laissé tomber des affaires, et à peine quelques kilomètres plus loin de trouvait des sachets chauffant usés dans une cabane de chasse. Il y avait quatre sachets, donc ma cible avait encore plusieurs alliés.

Encore une fois, je pris la route dans le seul but de retrouver cette enflure et de lui faire payer son crime.

Je ne pensais qu’à ça, je n’avançais que pour ça. Quand je sentais que je me rapprochais, mon cœur s’emballait, tous mes sens s’éveillaient et mon corps tout entier était enveloppé d’une chaleur étrange.

J’avais pris l’habitude de ne dormir que 3heures la journée et de prendre la route la nuit, pendant que l’homme et son groupe s’arrêterait sûrement pour dormir et se réchauffer au coucher du soleil, ce qui me permettrais de les repérer plus facilement.

Le rythme était difficile, mais je ne ressentais pas la fatigue, en tout cas pas physiquement.

Mentalement de plus en plus de question s’ajoutaient au reste, je n’avais jamais réponse, je crois que je n’avais plus de réflexions logique à ce stade. Toute mon énergie vitale était focalisée sur ma vengeance.

Quelques jours à peine après la fusillade j’ai repéré un appartement dans une petite ville de campagne. Il semblait clairement habité, mais lors de mon passage, personne n’étais à l’intérieur. Alors j’ai pris la décision d’attendre non loin de là en espérant que les habitants reviennent.

Et à la tombée de la nuit, je fis ravis de constater que mon intuition était bonne, j’ai aperçu quatre silhouettes accroupies, tentant d’éviter les malades, le groupe se dirigeait vers l’appartement habité.

J’ai attendu une heure ou deux, pour être sûr que personne ne s’en aille, et que personne ne m’ait repéré, puis j’ai recommencé.

Je me suis avancé lentement, silencieusement vers l’entrée de l’appartement, comme un serpent sournois. Une fois devant la porte j’écoutais attentivement et n’entendait que deux voix qui chuchotaient.

En une fraction de seconde je défonçais la porte d’un coup d’épaule et braquais mon fusil sur le tireur et une femme. La femme se mit à courir dans un coin de la pièce et par réflexe je tirais un premier coup de feu dans la jambe de ma cible.

« Personne ne bouge ou je le fume! » 

C’est ce que j’ai crié avant de regarder sur ma gauche et de constater mon erreur.

Ce n’était pas un groupe de pillards. C’était un homme et sa famille. Dans le coin se tenait un vieil homme sous un plaid et la femme qui avait fuit tenait son enfant dans ses bras.

Le gosse pleurais à chaude larmes et le vieillard se mit à supplier comme la femme de baisser mon arme et de ne faire mal à personne.

« Tout le monde s’assoit au centre de la pièce, et toi, tu restes là. » 

Dis-je à l’homme blessé.

-« Écoutes Mec réfléchis, c’était un accident, j’ai eu peur, je voulais pas lui faire de mal »

M’a t’il répondu.

Je le regardais avec dégoût droit dans les yeux, mais la vue de cette famille me perturbais, je ne comprenais pas ce qui s’était passé et ce que j’étais en train de faire.

Les souvenirs revinrent de nouveau comme un sorte de flashback, cette enflure avait volé mon matériel et tué ma pauvre mère sans se soucier du reste.

« Ils savent qui tu es ? Il savent ce que tu as fais fils de pute ? » 

Lui ai-je demandé.

-« Non, non je t’en prie, personne ne savais, je ne leur a rien dit »

J’essayais tant bien que mal de comprendre, je savais qu’il faisait ça pour subvenir aux besoin de sa famille, mais j’avais trop de rage en moi.

« Tu as tué la seule famille que j’avais, et tout ça pour quoi ? Des médicaments, dès la bouffe ? Tu l’a laissée mourir, elle s’est vidée de son sang ! »

Lui ai-je dit les larmes aux yeux.

« Je ne voulais pas tout ça, je croyais que tu était seul dans cette maison, j’ai eu peur, elle s’est jetée sur moi… »

-« Je ne te crois pas » rétorquai-je avant de l’abattre froidement devant sa famille apeurée. 

Pris d’un élan meurtrier, comme machinalement, je relevais la culasse de mon fusil et le braquait de nouveau sur le reste des occupants de la maison.

L’enfant hurlais de terreur, il n’arrêtais pas de pleurer, sa mère me regarda et dit: 

« Je vous en supplie, ne touchez pas à ma fille je vous en prie » 

A ce moment précis j’entendais les infectés se rameuter et je pris la décision de fuir.

J’ai couru sans m’arrêter, et je pleurais. Je pensais éprouver une satisfaction, combler un vide, mais je n’avais que plus de questions et d’images horrible en tête.

Je venais d’abattre un père devant sa fille, cette homme n’avait peut-être pas menti, 

il ne s’attendait peut être pas à ce que ma mère soit présente, tout comme je ne m’attendais pas à tomber sur un père de famille.

Est ce que Nura serait fière de moi ?

Qu’est ce que j’ai fais ?

Ces questions ont tournées en boucle dans ma tête tout le début de l’année 2019. 

 

J’étais revenu à la maison abandonnée, celle où j’avais enterré ma mère.

J’ai passé une année plutôt tranquille, si on met de côté le fait que j’étais complément torturé de l’intérieur. Je mangeais à ma faim, j’avais bien retapé la maison et j’avais même mis la main sur du matériel médical.

Mon quotidien était devenu vivable, mais j’avais fais le choix de me tenir loin des gens, j’avais peur d’eux comme de moi même et je préférais ne nouer aucun lien. 

Mais en 2021 au printemps, tout allait changer de nouveau.

Alors que j’étais parti chasser comme à mon habitude, j’avais cru entendre un bruit de moteur non loin de ma position, j’avais alors décidé de me fabriquer un réducteur de son et de me planquer le temps que ça passe. N’entend rien de suspect dans les minutes qui suivirent, je retenais ma respiration avant d’appuyer sur la gâchette, mais à la dernière seconde, au moment du tir, j’aperçu un jeune homme derrière l’animal. Ma balle avait traversé, le garçon était blessé à l’abdomen, il devait avoir tout juste 18ans. J’ai accouru sur le blessé aussi vite que j’ai pu, et me suis retrouvé en face de deux autres hommes, pas commodes, tous les deux me menaçaient de leurs armes et me hurlaient dessus comme des chiens enragés.

A peine ai-je eu le temps de me déclarer « je suis médecin ! » 

Je pris un grand coup de crosse derrière la tête et je fut embarqué dans un camion.

A mon réveil, un homme était assis à mes côtés et me dit : « Écoutes mon gars, aujourd’hui, c’est ton jour de chance. 

J’allais te buter tu sais ? Mais t’as dit un truc qui t’as sauvé la vie. »

J’avais du mal à comprendre ce qui était en train de se passer, mais une chose était sûre, j’étais vraiment dans la merde.

Quand le camion s’est arrêté, on m’a fais descendre et j’ai entendu les passagers discuter entre eux. 

« Appelle Pyotr, il voudra le rencontrer c’est sur »

Quelques minutes plus tard, un homme semblant malade vint à ma rencontre.

« On m’a dit que t’es un putain de docteur, c’est vrai ? »

Je répondit oui d’un hochement de tête. 

L’homme se mit a rire puis il dit:

« Alors ça pour une surprise, tu sais, quand on m’a dit qu’un connard avait flingué la main d’œuvre j’ai vu rouge, mais les médecins ça court pas les rues de nos jours. 

Comme tu a pu le remarquer, je suis pas au top de ma forme, et j’avais besoin de quelqu’un comme toi, alors j’te propose un truc, on va te fournir du matériel, tu va me consulter, et une fois que t’as fini ton travail, tu aura payé ta dette envers nous, ça marche ? »

N’ayant pas trop d’autres choix j’ai hoché la tête de nouveau.

« Bien ! Alors suis moi »

Je découvrit alors stupéfait un gigantesque complexe, une prison, qui était en train d’être retapée par ce qui semblait être les prisonnier. Pyotr m’expliqua que lui et ses camarades étaient enfermés ici et que n’ayant nulle part où aller après la fuite des matins, il avaient repris le contrôle et la prison et avaient tentes tant bien que mal de la fortifier, malheureusement ils n’étaient pas assez nombreux alors ils sont allé chercher de la main d’œuvre. En fait Pyotr et ses hommes étaient des sortes d’esclavagistes et le jeune sur qui j’avais tiré était un de ces « esclaves ».

Les conditions de vies la bas étaient terribles, sauf pour les anciens taulards évidemment.

Les prisonniers n’avaient que très peu de vivres, les cellules étaient insalubres et les pauvres gens travaillaient jusqu’à épuisement.

J’observais complètement impuissant l’enfer qui m’entourait quand toi à coup le chef me dit: « Comme tu as pu le constater, je suis atteint du diabète. J’ai réussi à me fournir de l’insuline jusqu’ici mais comme t’as vu ça suffit plus. 

Mes jambes commencent à se faire attaquer par cette merde et bientôt j’aurais la santé d’un grand père. Les connards qui m’accompagnent sont des requins, ils me voleront ma place à là moindre occasion, alors tu va rejoindre l’équipe qui s’occupe des ravitaillements et tu va me soigner. C’est clair ? »

Aller chercher du matériel et soigner des gens, yavait pire et puis encore une fois, je crois que j’avais pas le choix alors j’ai accepté sa proposition.

Ce que je n’avait pas prévu, et qui était pourtant plutôt logique, c’est qu’évidemment, c’était pas une belle offre.

On m’envoyait désarmé avec une équipe de dégénéré atteint de tout les psychoses possibles et imaginable pour chercher du matériel qui ne m’appartiendrais pas et en plus, nous devions ramener de force les personnes que nous croisions, ou les tuer.

Personne ne me faisait confiance dans ce groupe, mais ma place de médecin allait me servir de moyen de pression. Ils avaient besoin de moi, en entier et en bonne santé, alors si je me tenait à carreaux, je pouvais faire de propositions qui allaient en ma faveur et celle de détenus.

J’avais par exemple expliqué a Pyotr que maintenant que j’étais là, je pouvais m’occuper de la santé des détenus, et donc leur assurer plus de longévité et d’efficacité à la tâche. Au bout de plusieurs mois, j’avais noué des liens de confiance avec certains de ses sociopathe et certains détenus. J’apportais en secret des vêtements, de la nourriture ou des armes blanches en faisant croire à Pyotr que je ne faisait que servir ses intérêt, et ses psychopathes de camarade les laissaient aller et venir librement. 

Peu à peu, je mettais un plan en place pour libérer les prisonniers et me barrer de cet endroit de malheur.

J’avais réussi à trouver de l’anesthésiant, que je compter injecter à Pyotr à la place de son insuline pour ensuite récupérer les clés des cellules, de l’armurerie et libérer les captifs. J’avais tenu certains prisonniers au courant, mais certains gardes de Pyotr, même après presque deux ans de captivité ne me faisaient pas confiance et avaient pour habitude de me surveiller.

Le soir lorsque je retournais dans ma cellule, je partageais la nourriture que je recevais avec les travailleurs et je leur donnait des informations sur l’avancée de mon plan.

Mais un jour, un des gardiens qui me surveillait, et me détestait, m’a surpris en train de donner un burin à mon voisin de cellule. Immédiatement il me jeta au sol et le dit: «  tu sais c’est tes petits camarades qui vont prendre cher, on a besoin de toi en vie pauvre merde, tu viens de les condamner à mort. » Entendant ces mots, les prisonniers aux alentours, bien que faibles, se jetèrent sur leur bourreau, et là haine engendrée par les supplices subits dans cet endroit maudit, les poussa à agir comme de vrai animaux. Le gardiens fut sauvagement tué, puis dépouillé. Mais mon plan venait de tomber à l’eau. Je me munis alors des clefs et me mettais à libérer les prisonniers de mon quartier avant de leur donner les clefs.

L’un d’entre eux me remercia et se jeta dans mes bras, il se pencha à mon oreille et dit: « T’as peut-être encore une chance, alors barre toi Ilyas, si ça marche, ça sera grâce à toi, tu nous a donné espoir. Casse toi maintenant, et ne te retournes surtout pas. »

Tous savaient que la prison allait devenir le lieu de véritables boucheries dans les heures à venir, les prisonniers avaient obtenues les clefs, certains étaient armés, la majorité commençait à sortir silencieusement et je vis alors une opportunité. Je me suis accroupi et j’ai essayé tant bien que mal de courir jusqu’à la porte principale avec les clés. Beaucoup de garde m’avaient repérés, mais étant donné mon importance à leurs yeux, aucun n’eut le droit d’ouvrir le feu, c’était la diversion parfaite.

Tous les yeux étaient rivés sur ma tentative d’évasion tandis que le reste des captifs se libéreraient tour à tour.

Quand j’ai eu ouvert la porte, les gardiens étaient descendus au niveau des cellules pour venir m’attraper, mais ils furent surpris de constater que j’étais loin d’être le seul à avoir été libéré. Je m’éloignait en courant à toute vitesse, j’utilisais toute mes forces, toute mon énergie pour m’éloigner de cet endroit maudit.

En me retournant je pouvais apercevoir des prisonniers courir eux aussi vers la sortie, et dans l’encadrement de la porte principale grande ouverte, j’apercevais les flammes et le déchaînement de rage des prisonniers résignés à en finir pour laisser fuir leurs camarades. Les cris et les coups de feux retentirent toute la nuit, et au levé du soleil, j’étais déjà loin de cet enfer. J’étais complément épuisé, affamé, déshydraté, je me suis arrêté pour reprendre mes esprits, et j’ai fais ce que j’avais l’habitude de faire avant tout ça. J’ai chassé, fouillé pendant plusieurs jours; Je n’avais qu’une objectif en tête: Trouver assez de matos pour m’enfuir de ce pays, et ne jamais revenir.

 

Durant plusieurs mois je me suis démené pour trouver tout le matériel nécessaire à mon voyage, j’ai pris des risque en troquant avec des inconnu pour un véhicule, j’ai fini par piller ces mêmes personnes en secret pour m’approvisionner en munitions.

J’avais perdu la notion du temps et je ne savais pas en quelle année je m’étais échappé de cette foutue prison, mais j’ai pu discuter lors de l’échange, et je sais que j’ai quitté la Moldavie en début d’année 2023. Je me suis dirigé en Biélorussie. Le voyage m’as pris environ trois semaine, peut-être plus, mais il s’est déroulé sans encombre.

Ma voiture m’a lâché à Alexandria, où je me suis installé provisoirement dans une maison en pleine forêt au nord ouest de la région.

J’ai passé environ six mois à me préserver après toutes les épreuves que j’avais enduré. Je suis resté assez éloigné de la population, bien que j’avais aperçu certains communauté dans le coin.

Après plusieurs mois de réflexion sur mon passé, je me suis décidé à regrouper du matériel médical dans le but de construire un petit cabinet de fortune dans mon garage. Après tous les morts que j’avais semé derrière moi, je pensais avoir besoin de me rattraper, et même si je restais dans mon coin, je me tenais au courant régulièrement en radio des nouvelles de la région. Je me suis juré de surpasser mon traumatisme, et d’assumer ma fonction de médecin auprès d’inconnus en cas de nécessité. Mais pour ma protection, j’ai pris la décision de rester dans l’ombre comme à mon habitude.

J'ai eu la chance de faire la rencontre d'un groupe de personne admirable, et cela fais maintenant presque une année entière qu'ils ont pris la décision de m'accueillir.

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Médecin

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