Personnage RP · Archive Alexandria
Martin Levasseur
Identité
Son histoire
20 Mars 2028 :
Aujourd'hui était une journée ennuyeuse. J'ai passé la matinée à pêcher sans grand succès. Dans la journée je me suis dirigé vers le village d'à côté, j'ai essayé de trouver des vivres, je suis arrivé à bout de mes réserves, les bidons d'eau sont vides eux aussi. Je suis rentré avec quelques munitions, un peu de chlore et de quoi retaper un peu le grillage. J'ai vu un ours en peluche dans une maison, le même que celui de Lou.
Je n'arrête pas de penser à elle, et à sa mère en ce moment. Je crois qu'elles sont parties en février, c'est peut être pour ça.
Comme souvent en ce moment, je revoit ma vie défiler le soir avant de dormir. Et je me demande : "Comment j'en suis arrivé là ?"
Et comme d'habitude je me dis :
"Je m'appelle Martin Levasseur, j'ai 32ans. Je suis né dans le sud de la France, dans une petite ville de campagne, près de Toulouse en 1996.
Dans mon enfance, tout ce que j'avais, c'était ma mère. Elle m'a accompagné jusqu'à mes 10ans, puis elle est partie d'un cancer en 2006.
J'ai donc passé le plus clair de mon temps en compagnie de mon père jusqu'à mon adolescence. J'avais pas mal d'amis à l'époque, j'étais plutôt bon élève, j'avais pas de problèmes à l'école. Mais mon paternel, ce lâche alcoolique me foutais sur la gueule quand il avait envie de se défouler. Il arrêtais pas d'insulter ma mère et de dire qu'elle nous avait abandonné. Mais c'était un ivrogne qui mentais comme il respire. Il avait toujours été comme ça, je le détestais. En 2011, un jour que je rentrais de l'école, j'ai vu les flics devant ma porte. Ils m'ont dit que mon père s'était fais tué. On a su plus tard que c'était une histoire de dette non payée. J'aurais aimé qu'il parte plus tôt, à la place de ma mère. Je me suis senti abandonné. J'avais 15ans et la seule personne qui pouvait m'éviter d'être en foyer d'accueil, c'était mon parrain. Il m'a élevé comme son fils malgré le caractère de merde que j'avais. J'ai été dur avec lui, et il a pas été tendre non plus. Mais il m'a appris ses valeurs, son idéal. C'était un des meilleurs amis de ma mère, j'étais heureux d'être avec lui, même si j'aurais préféré être avec elle.
Quand j'ai eu 18ans, j'avais un casier long comme le bras, ça m'a pas empêché de tout donner au lycée mais ça jouerait pas en ma faveur pour le monde du travail. Je me battais régulièrement, je buvais beaucoup, et j'ai toujours eu un mauvais rapport avec l'autorité. J'ai toujours fais quelques conneries mais je me suis rangé dès que j'ai rencontré Alice. On s'était croisé dans une soirée entre amis et on est très vite devenus très proches. Elle faisait des études de droits à Toulouse et moi je disais que j'étais dans le commerce pour bien me faire voir, mais elle a très vite compris à qui elle avait affaire, et moi j'ai compris qu'il allait falloir se tenir à carreaux si je voulais avoir une chance avec cette fille. Alors je suis rentré dans le droit chemin, j'ai arrêté de boire, j'ai trouvé un travail dans les usines de air bus et j'ai continué d'entretenir ma relation avec Alice.
J'ai vécu les meilleures années de ma vie à ses côtés, on a grandi ensemble, elle m'a permis d'avancer et de devenir la personne que j'avais envie d'être. Et finalement même si j'avais peur de cette vie avant, Alice et moi avont eus un enfant en 2020. C'était une petite fille, elle s'appelait Lou. J'étais plus heureux que jamais, mais du haut de mes 24ans, j'avais très peur du père que j'allais être. Je n'avais que très peu connu l'amour, la stabilité d'un couple, et j'avais la pire figure paternelle qui soit. Mais j'avais confiance en Alice et elle avait confiance en moi, c'est la seule chose qui m'a permis d'avancer.
Je m'étais découvert une nouvelle patios pour le survivalisme. A vrai dire mon parrain et moi on discutais régulièrement de géopolitique, et les dernières années avaient été drôlement mouvementées, mais ni lui ni moi n'étions prêt à ce qui allait se passer 4ans plus tard.
Je me souviendrais toujours de l'année 2024. Les tentions dans le monde entier étaient à leur paroxysme, et dans ce climat inquiétant, la France avait décidé d'accueillir les Jeux Olympiques. Tout le monde sentais bien que c'était pas forcément le meilleur timing au vu des évènement récents mais, jusqu'ici aucun pays n'avait franchis la ligne.
Le climat dans le pays était assez tendu, il y avait régulièrement de manifestations et des émeutes dans les grandes villes, mais personne ne se doutais que c'est ce qui allait causer notre perte.
La Russie, en conflit avec la France depuis un moment a profité des mouvements de foule dans le pays après les JO pour inauculer un virus à la population. Ce virus rendais les gens complètement fous, il s'entredéchiraient. Mon parrain et moi étions prêt à tout, mais personne n'était en mesure de prévoir l'existence d'un tel virus. On a fais ce qu'on a pu.
On est partis avec Lou et Alice en direction de chez lui, à la campagne. C'était assez loin de chez nous mais ça valait le coup, il avait une maison à l'écart dans un petit village dans la région d'Alexandria.
On s'est installé là en se disant qu'on aurait moins de problèmes au vu du peu de population dans les environs.
Nous avions de quoi vivre malgré les pénuries et le confinement, mais cette merde a à peine duré une semaine. Très vite la Russie a mené des attaques au sol et a commencé à bombarder villes et villages. Plus personne n'étais à l'abris et l'ennemi prenait du terrain. Le gouvernement Français s'est mis à réquisitionner les gens, leurs maison, leurs véhicules, ça a été le cas de la maison de mon parrain qui a servi de point de repli à l'armée pendant quelques mois. Ils nous ont envoyés dans un camp de réfugié, mais là bas c'était pas vivable pour une gamine de 4ans. Les conditions de vies étaient lamentable et la paranoïa régnait à cause du virus. A peine 1ans après le début de l'invasion et de l'infection, la plupart des camps de réfugiés comme le nôtre avaient étés bombardés, et l'afflux de population vers les camps restants on eut raisons de ces derniers. Parmis tout ces déplacés, certains étaient malades, les gens ont commencés à s'entretuer, et nous sommes partis avant de voir la situation empirer. Nous nous sommes retrouvés à la rue, dans un pays en proie aux bombes et aux soldats russes. Très vite j'ai fais ma première rencontre avec un infecté. Il était face à ma famille, mon parrain et moi n'avons pas eu d'autre choix que de le frapper. Mais ça ne suffisait pas, dans un déchaînement de violence nous avons réussi à lui écraser la boîte crânienne sous les yeux apeurés de ma fille et de sa mère.
La peur rendait le peu de gens en bonne santé tout aussi fou que les malades. J'avais honte de ce que je venais de faire devant eux. J'avais senti cette colère que j'avais enfoui au fond de moi depuis des années et ça me faisais peur, pourtant, elle allait devenir la raison de ma survie. A cette période, j'étais concentré sur notre survie, sur ce qui nous entourait et je voulais éviter les autres gens à tout prix. Nous vivions dans des ruines, au milieu des bois, mon parrain était tombé malade, une sorte de pneumonie et j'avais peur qu'il en soit de même pour ma fille. J'avais peine à trouver de la nourriture pour elle, même pour nous. Mon parrain n'a pas passé 2024. Il est mort de sa maladie durant l'hiver. J'avais dû l'enterrer au milieu de nulle part. Je me sentais pas de rester là où il était mort, alors Alice et moi avons décidé de partir avec notre fille. J'étais désormais seul à pouvoir protéger les miens, je ne parlais que très peu avec Alice, nous étions trop préoccupés par la situation.
J'avais pris la décision de retourner dans la maison de mon parrain, pensant qu'après tout ce temps, elle serait libre de nouveau mais Alice ne voulait pas faire un trajet si long. Moi j'étais persuadé que nous mourrions si on ne bougeait pas, alors après quelque débats, Alice a accepté de me suivre si j'arrivais à trouver un véhicule en état de marche. Il était évident qu'on ne pouvait pas se mettre en route à pied avec Lou dans ces conditions. A ce moment là, j'ai pris une décision qui allait changer le court des choses. Aux abords d'une station essence j'ai repéré un véhicule en parfait état de marche. Il semblait avoir été abandonné très récemment dans l'urgence. J'ai analysé rapidement la situation et j'ai compris que la personne a qui appartenait le véhicule se trouvais non loin. Tout ce qui comptais pour moi à ce moment là c'était les miens alors j’ai volé le véhicule et une fois le jour levé, j'ai conduis ma famille à l'ancienne maison de mon parrain. Par chance j'avais vu juste, les soldats avaient désertés l'endroit, mais le village et ceux aux alentours avaient subis des bombardements. J'ai donc dû dans un premier temps m'absenter avec le véhicule pour trouver du matériel. Ça n'a duré que deux jours malgré une panne d'essence sur le retour. Deux jours durant lesquels j'ai laissé ma famille sans surveillance, dans la peur. Je pensais faire les choses correctement, je crois que j'avais pas le choix, et tout était différent sans mon parrain. En arrivant à la maison, j'ai aperçu la lumière d'un feu de camp à travers la fenêtre, j'avais sacrément galère à revenir mais j'étais content de retrouver ma fille et la femme que j'aimais. Mais en arrivant près de la maison mon sang s'est glacé. J'entendais des voix mais pas celles que je connaissais. C'était des hommes qui avaient l'air de faire la fête, il riaient, ils criaient comme des animaux. J'ai couru vers la maison fusil en main avant de confronter 4 hommes assis dans la salle à manger. Je n'arrêtais pas de hurler, de leur demander où étais ma femme et ma fille. Tout est allé très vite je ne me souviens pas bien. J'en ai abattu deux de sang froid, avant de me faire attaquer par les deux autres, un coup de feu est parti, atteignant l'un d'entre eux et j'ai lutté avec le dernier au sol. Je lui ai fracassé le crâne dans l'escalier à l'entrée. Je suis monté en courant sans pouvoir trouver Alice et Lou. Alors je suis redescendu en panique et je m'en suis pris au dernier survivant qui gisait sur le sol. Avant de mourrir il pointa du doigts une brouette en souriant. Ce que j'allais y trouver me changera a tout jamais. Alice était la, dévêtue, entièrement recouverte de bleus. Elle était dans un tel état que je n'osais pas la toucher, très vite je compris qu'elle était morte, et lorsque dans mon désespoir je pris son corps dans mes bras, j'appercu le petit cadavre de ma Lou, crispé sur lui même dans cette brouette au fond du jardin. J'ai prié chaque jours pour effacer ces images de ma tête, je n'arrive plus à me souvenir de tous les détails, je crois que j'en deviendrais fou. A partir de ce jour là, j'ai fais du vol mon activité principale. Pour me venger, ou peut être par regret de l'être humain, par peur de renouer des liens, de connaître sa les gens. Je ne sais pas trop. J'ai renoncé à la bienveillance le jour où j'avais volé cette voiture de toute façon. Cela va faire quelques années maintenant que je vis reclus dans cette maison que j'ai complètement aménagé. J'ai enterré Alice et Lou ici, et je ne peux pas partir et les quitter. Je fuis les gens comme la peste, et quand je n'ai pas d'autres choix, je me sers sans compassion.
Alice aurait honte de celui que je suis devenu, je pense qu'elle n'aurait pas supporté l'homme que je suis aujourd'hui. Un tueur, un voleur, sans honneur ni remords, un égoïste, un hermite détestable et avare.
Alors, comment j’ai pu en arriver là ?
J'ai la foutue réponse, mais je trouve pas de solution pour me sortir de ce cercle vicieux. "
Peut être que je simplifie un peu trop, peut-être que je dramatise ou peut-être au contraire que j'ai laissé beaucoup de choses derrière moi bien trop vite, car il m'est trop douloureux de voir la vérité en face.
J'ai cru devenir quelqu'un de bien quand j'ai rencontré Alice, je n'ai pas su la protéger, j'ai perdu tout ce qui m'avait rendu humain, tout ce qui m'avait rendu heureux. Je pensais vraiment avoir le droit au bonheur, mais finalement, peut-être que c'est ça la personne que je suis, et que je mérite tout ce qui m'arrive.
Il faut que je dorme, demain je dois m'occuper des plantations, et de toute façon, personne ne lira cette merde.
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