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Oleg IVANOVICH
Identité
Son histoire
Oleg Ivanovich Petrovski est né à Kyzyl, une petite ville sibérienne où les hivers rigoureux sculptent le caractère des habitants. Mais pour Oleg, ce n'était pas seulement le froid qui rendait la vie difficile. Sa maison, une bâtisse en bois à moitié délabrée, était le théâtre d’un drame quotidien.
Son père, Ivan Petrovski, était un ancien mineur qui avait perdu son emploi lors de la fermeture des exploitations locales. Brisé par le chômage et les dettes, Ivan sombra dans l’alcoolisme, devenant un homme violent et imprévisible. Oleg se souvenait avec une précision glaçante des nuits où son père rentrait ivre, hurlant à la mort, détruisant tout sur son passage. Les cris, les coups, les objets brisés faisaient partie de son quotidien.
Sa mère, Anna, était la seule lumière dans cette vie de ténèbres. Douce et protectrice, elle faisait de son mieux pour protéger son fils. Mais sa santé fragile, due à une maladie pulmonaire chronique, la confinait souvent à l’hôpital. Pendant ses absences, Oleg était livré à lui-même, seul face à la colère de son père.
À l’âge de huit ans, une nuit resta gravée à jamais dans sa mémoire. Lors d’une dispute particulièrement violente, Ivan, fou de rage, mit le feu à leur maison. Anna et Oleg réussirent à s’échapper de justesse, mais tout ce qu’ils possédaient fut réduit en cendres. Cette nuit-là, Oleg vit sa mère s’effondrer sous le poids de la honte et du désespoir. Ils trouvèrent refuge chez une tante éloignée, mais la pauvreté et la peur les suivaient comme une ombre.
L’école aurait pu être une échappatoire, un endroit où Oleg aurait pu se sentir normal. Mais c’était tout le contraire. Les enfants des familles pauvres étaient systématiquement ostracisés. Ses vêtements usés, son silence et son regard inquiet faisaient de lui une cible facile.
À 12 ans, un groupe de garçons l’agressa derrière l’école. Ils le traînèrent dans la neige, le frappèrent et l’humilièrent. Ils ont aussi obligé Oleg à manger de la neige sale. Ce n’était pas la douleur physique qui le marqua, mais la cruauté gratuite de leurs actions. Ce jour-là, il comprit que le monde n’était pas fait pour lui.
À 13 ans, la seule personne qu’il aimait réellement, sa mère, succomba à sa maladie. Oleg était à son chevet, tenant sa main froide, lorsqu’elle rendit son dernier souffle. Il se retrouva seul face à un père dont la violence ne faisait que s’aggraver. Un soir, en tentant de protéger les quelques souvenirs qu’il avait de sa mère, il reçut un coup si violent qu’il perdit connaissance. Lorsqu’il se réveilla, il se jura de ne plus jamais montrer ses émotions.
À 18 ans, Oleg quitta Kyzyl pour travailler dans une usine à Krasnoïarsk. Les conditions de vie y étaient misérables. Il dormait dans un dortoir surpeuplé, mangeait à peine, et subissait quotidiennement l’arrogance des contremaîtres. Pourtant, il s’accrochait à l’espoir d’un avenir meilleur.
En 2017, cet espoir fut anéanti. Oleg, était juste habitué à des journées routinières dans son usine de merde. La pandémie était encore une rumeur distante, des infos anxiogènes à la télé qu’il éteignait pour écouter ses vieux disques de rock soviétique. Jusqu’à ce que, ce jour-là, il entende un bruit étrange venant de la réserve du travail.
En allant vérifier, il trouva son collègue, Vlad, penché sur un moteur. Mais quelque chose clochait : Vlad grognait, des spasmes agitaient ses épaules. Quand il se retourna, son visage n’était plus humain – ses yeux injectés de sang, sa bouche dégoulinant d’une salive jaunâtre. Pris de panique, Oleg recula en trébuchant sur une clé à molette. Vlad bondit sur lui, un hurlement guttural qui réveilla l’instinct primal d’Oleg.
Avec une force qu’il ne se connaissait pas, il attrapa une barre de fer et frappa de toutes ses forces. Une fois. Deux fois. Trois fois. Jusqu’à ce qu’Ivan s’écroule, le crâne en miettes. Le silence qui suivit fut pire que le combat. C’était la première fois qu’Oleg tuait quelqu’un, même si ce « quelqu’un » n’était plus vraiment humain. Il vomit sur le sol graisseux de l'usine. Ce jour-là, il comprit que le monde qu’il connaissait avait disparu.
L’apparition des infectés bouleversa le monde. Krasnoïarsk sombra rapidement dans le chaos. Les infectés, des créatures inhumaines et meurtrières, se propageaient comme une traînée de poudre. L’usine où il travaillait fut envahie en quelques heures. Oleg échappa de justesse à la mort en ayant prit la décision de partir.
Pendant les mois qui suivirent, Oleg apprit à survivre seul. Il chassait pour se nourrir, dormait dans des grottes, et évitait tout contact humain. Il devint un fantôme, rôdant dans les ruines des villages sibériens.
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