Portrait de Benjamin Salvetti

Personnage RP · Archive Alexandria

Benjamin Salvetti

Saison 20

Décédé Décès : 11/02/2025 Survivant

Cause : À force de voir des danger partout, on en devient un

Identité

Son histoire

Benjamin Salvetti née en 1983, dans un petit village isolé de la campagne provençale, un endroit où la tranquillité et l’odeur des champs de lavande semblaient figer le temps. Son père, Louis, était un ancien militaire qui avait quitté l’armée après une mission secrète en Afrique. Il avait trouvé refuge dans l’agriculture, achetant une petite ferme qu’il entretenait avec une rigueur militaire. Sa mère, Isabelle, était infirmière, une femme douce et pragmatique, toujours là pour soigner et rassurer, mais avec une étrange capacité à lire dans les yeux des gens, comme si elle voyait au-delà des apparences.

Benjamin grandit entre ces deux univers : celui de la terre, qui lui enseignait la patience, le dur labeur et le respect de la nature, et celui de l’esprit, façonné par un père strict et souvent absent, et une mère protectrice mais distante.

Dès son plus jeune âge, Benjamin apprit la discipline. Louis, bien qu’affectueux à sa manière, imposait des règles de vie rigides. Pas de dessert tant que le travail n’était pas fait. Pas de pause avant que les outils soient rangés. Ces règles étaient pour lui une forme d’amour, un moyen de renforcer la volonté de son fils, de faire de lui un homme capable de se tenir debout face aux épreuves de la vie. Mais Benjamin, jeune garçon sensible et rêveur, ne comprenait pas toujours ces attentes. Les mots de son père résonnaient comme des ordres, une pression constante qu’il n’arrivait pas à évacuer.

Son enfance fut marquée par la tension entre la volonté de son père de le rendre fort, et l’instinct de Benjamin de fuir ce poids. Il passait de longues heures à regarder les nuages, à écouter les oiseaux ou à fouiller les forêts environnantes, loin des champs et des tâches imposées. Parfois, il s’imaginait des vies fantastiques, des aventures de héros qu’il imaginait dans des mondes lointains, échappant à l’ombre de la discipline de son père. Mais tout cela, il savait, n’était qu’un rêve fragile.

Pour compenser cette rigueur paternelle, Benjamin se rapprocha de sa mère. Isabelle avait une manière toute particulière de lui montrer l’amour, plus calme, plus silencieuse. Chaque soir, elle lui racontait des histoires, souvent des contes sur des héros solitaires, des voyageurs dans un monde cruel, qui surmontaient les obstacles grâce à leur ingéniosité et leur courage. Bien que Benjamin aimait ces histoires, il sentait aussi une mélancolie dans la voix de sa mère, un étrange écho de la solitude qu’elle ressentait à vivre avec un homme aussi distant et rigide

Il avait souvent l’impression d’être entre deux mondes : l’un où la force physique et la discipline régnaient en maître, l’autre où la fragilité et l’introspection offraient un refuge. Mais en grandissant, il comprit que cette dualité serait son fardeau.

En 2010, après des années d’angoisse, de préparations méticuleuses et de lectures obsessionnelles sur la survie qui est devenu sa passion , Benjamin Salvetti, un ancien agriculteur, décida de concrétiser son rêve : créer un camp de survie autonome et ultra-sécurisé. Il se construisit un abri au cœur des montagnes, loin des grandes villes et de tout ce qu’il jugeait être le cancer de la société moderne : la technologie omniprésente, les gouvernements corrompus, et l’urbanisation qui, selon lui, ne faisait qu’aggraver la dépendance à un système qui s’effondrerait tôt ou tard.

À ses yeux, ce jour arriva plus tôt que prévu. En mai 2010, le peuple tchèque se soulève, l’économie, le système et tout ce qui construisent cette région vu écraser, un monde qui a sombré et dedans des gens qui n’ont plus de moralité, voilà ce que cette région est devenu.

Son camp, devint sa forteresse. Un terrain boisé clos, protégé par des clôtures, des piège et des porte solide. Il n’y avait ni téléphone, ni internet. Seulement de l’eau puisée d’une source pure et des réserves de nourriture pour durer plusieurs années.

Au début, tout allait bien. Il vivait sa solitude avec une certaine sérénité, se nourrissant des fruits de son jardin et chassant dans les forêts alentours. Chaque jour, il appliquait à la lettre son strict programme : révisions de ses stocks, entretien des équipements, entraînements physiques. Il se sentait prêt à affronter tout ce qui viendrait, loin de l’humanité qu’il jugeait corrompue.

Mais les mois passèrent, et Benjamin commença à ressentir une étrange pression. L’isolement, d’abord apaisant, se transforma en poids. Ses pensées se firent plus obsédantes. Le monde à l’extérieur ne cessait de se décomposer, mais Benjamin n’y participait plus. Le bruit des armes et des voitures qui passaient loin en bas de la vallée le rendait nerveux. Les jours se confondaient, la notion du temps devint floue. Ses rêves étaient hantés par des visages qui semblaient être des souvenirs oubliés, des appels d’urgence qu’il ne pouvait pas ignorer, mais qui, au réveil, se dissipaient comme du brouillard.

Ses habitudes changèrent peu à peu. Il parla de moins en moins à lui-même, mais se surprenait à murmurer dans des conversations fictives, comme s’il cherchait une forme d’interaction humaine. Des rires dans le vent, des voix qui semblaient l’appeler, une légèreté dans l’air qui n’existait pas. Ses conversations avec ses souvenirs devenaient des monologues internes, où il se justifiait sans cesse de ses choix, de ses actions. Ce qui, au départ, était un comportement de survie, se mua en obsession. La solitude devint son seul compagnon, et il se laissait bercer par des pensées paranoïaques.

Un jour, il sortit en forêt pour chasser, mais la chasse devint une quête plus personnelle qu’alimentaire. Il cherchait non pas à nourrir son corps, mais à retrouver quelque chose qu’il avait perdu, un contrôle, un sens, une mission. Dans les bois, il se perdit. Non pas physiquement, mais mentalement. Il se mit à penser que les bruits qu’il entendait étaient des signes : des hélicoptères qui l’observaient, des traîtres qui s’approchaient, des gens venus pour l’envahir. Lorsqu’il rentra, la paranoïa s’était installée en lui comme une seconde peau.

Un mois plus tard, alors qu’il scrutait la vallée avec ses jumelles, il aperçut des silhouettes qui s’approchaient de son camp. Ses instincts de survie, qu’il pensait parfaitement maîtriser, le poussèrent à l’extrême : il verrouilla toutes les portes, armer toutes les défenses, et se prépara à repousser ceux qu’il croyait être des pillards. Mais en observant de plus près, il remarqua qu’ils n’étaient que des voyageurs égarés, des gens désespérés, comme lui, qui cherchaient refuge. Des êtres humains qui avaient simplement perdu leur chemin dans ce monde dévasté.

Ce fut ce jour-là que Benjamin perdit la dernière part de sa raison. Il les observa, les épia pendant des jours, sans jamais leur parler, se persuadant que l’aide des autres était une menace. Dans son esprit, le monde n’était plus qu’une lutte pour la survie, et toute forme de solidarité était devenue une faiblesse. La folie s’infiltrait en lui, chaque minute passant dans le silence du Bastion devenait plus lourde, jusqu’à ce qu’il soit un homme qui n’avait plus de contact avec la réalité, un survivant prisonnier de son propre isolement.

Quelque moi après, se barricadant encore plus dans son camp, Benjamin vivait désormais dans un état de semi-délire permanent. Le monde extérieur n’était plus qu’un flou, une abstraction. Il se racontait des histoires sur sa survie héroïque, sur son isolement nécessaire, mais en vérité, il s’était enfermé dans sa propre peur. Il n’était plus un survivaliste, mais une légende vivante de ce que le monde pourrait devenir lorsque l’homme cesse d’être humain pour se transformer en un simple animal, pris dans une guerre qu’il a lui-même commencée, contre lui-même.

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