Portrait de survivant n°1 : Léon Gousseins
27/10/2021 · David Steiner
1945, Adeline Gousseins meurt en couche en mettant au monde un garçon.
Sa père, Arthur et sa sœur Sophie s'occupe alors de son éducation.
Une nuit de 1950, le petit garçon alors âgé de 5 ans perd sa tante dans un accident de voiture, se retrouvant seul avec son père qui sacrifie ses projets afin de donner une éducation correcte et une enfance heureuse au petit.
Et puis arrive 1962, le jeune homme a alors 17 ans et des rêves plein la tête, rêves qui s'envolent tandis que les bombes s'écrasent réduisant en cendre le monde que nous connaissions.
S'en suit une succession de rencontre plus ou moins malencontreuse menant à la mort de son père un soir au prêt du feu...
Le monde n'étant plus qu'une terre désolée laissant le pouvoir aux plus forts, n'ayant plus personne pour l'épaulé, le jeune homme tombe alors dans ce que l'on appelait la délinquance quelques années plus tôt ;
Vols, petit larcins, petit braquage...jamais de victime et toujours pour la nécessité, nécessité de manger, nécessité de se réchauffer...
Et puis au bout tunnel, il y a lumière, cette lumière qu'il aperçoit en 1972, cette lumière qu'il entend en radio...Cette lumière c'est Alexandre Cameron, un homme plein de conviction, qu'il entend en radio et qu'il décide de rejoindre.
Après quelques mois de marche à travers le pays, il arrive finalement aux porte de ce qui deviendra la capitale en 1973 et là c'est la stupeur.
Il découvre, redécouvre la vie, la vraie, celle d'avant l'effondrement, une société où chacun à sa place, ou chacun a droit au bonheur, ou chacun au droit de rêver pour son avenir.
C'est pour cet homme de 27 ans un changement radicale, il peut enfin se comporter comme il a été éduqué, côtoyer des gens civilisés et sentir en sécurité.
Alors que chacun à un métier, lui décide de faire partie de ceux qui protègent, et intègre la milice de surveillance extérieure de la NFP88.
Ses journées ne sont pas passionnantes, il s'agit de faire des rondes, d'accueillir les survivants qui viendraient frappés aux portes dans le besoin et de surveiller au loin
Les mouvements qui pourraient être hostiles.
Quand il est de repos, il passe du temps en ville et aime aller au bar boire un verre avec ses amis, et pourquoi pas parfois faire de nouvelles rencontres.
Il découvre enfin un monde dans lequel, il peut vivre et non plus survivre, ou il peut avoir des projets, et pourquoi pas un jour avoir une femme et des enfants avec qui il pourrait vivre en toute sécurité...
Seulement, tel un coup fusil, la vie le rappel à la dure réalité de ce monde devenu hostile en 1975, il y a quelques semaines, lorsqu'un groupe armé tenta de semer la discorde en tirant dans la ville.
Il fut lâchement abattu alors qu'il protégeait un enfant apeuré par les coups de feu et les cris.
Il s'appelait Léon, Léon gousseins, il n'avait que 30 ans, 30 ans et la vie devant lui.
